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10 novembre 2005, La Tribune de Genève, Sidwaya (Ouagadougou) et Infosud

jeudi 10 novembre 2005

Les OGM vus d’Afrique et de Suisse. Selon l’agence de presse Infosud, basée à Lausanne et spécialisée dans le dialogue Nord/Sud, « l’Afrique a les yeux rivés » sur le vote prévu en Suisse le 27 novembre sur un projet de moratoire sur les OGM. Le journaliste Rachad Armanios explique que la firme suisse Syngenta expérimente actuellement un coton transgénique au Burkina et se demande si l’Afrique ne serait pas « un terrain d’essai » pour les grandes firmes semencières. « A Ouagadougou, la polémique fait rage », ajoute son confrère burkinabé, Tiego Tiemtoré, co-signataire de l’article. Les paysans du Sud opposés aux OGM comptent sur la réticence des consommateurs européens envers cette biotechnologie, résume Infosud, qui se fait le relais de la campagne menée par l’ONG suisse Swissaid face « au rouleau compresseur de l’agrobusiness ». La Tribune de Genève relève que la campagne de l’ONG suisse, « bénéficiaire des sous de la Confédération », a eu le don de « mettre en rogne le Parti radical suisse » - la seule formation politique à faire bloc, sans voix discordante, contre le moratoire. Le quotidien ajoute que la FAO, organe de l’ONU pour l’agriculture et l’alimentation, s’est pour sa part déclaré favorable aux OGM dans les pays du Sud. « Les OGM divisent les milieux humanitaires », note la Tribune de Genève. Interviewé par le quotidien genevois, Jean Ziegler, rapporteur des Nations Unies pour le droit à l’alimentation, se déclare personnellement hostile aux OGM. « La FAO dépend des Etats. Elle subit. Moi, je jouis d’une totale indépendance », explique le célèbre imprécateur helvétique, qui estime que « nous n’avons pas besoin des OGM pour combattre la faim dans le monde ». Ce n’est pas tout à fait le point de vue du ministre de la Recherche scientifique du Burkina, Laya Sawadogo. « Les essais ne signifient pas l’autorisation des cultures commerciales d’OGM. Cette décision n’est pas encore prise », explique-t-il à Infosud. Même prudence d’un de ses conseillers cité par Sidwaya, un quotidien de la capitale du Burkina qui rend compte, dans un style très protocolaire et institutionnel, de l’ouverture d’un « séminaire scientifique et pédagogique » à l’Université de Ouagadougou sur le thème : « Maîtrise des procédés en vue d’améliorer la qualité et la sécurité des aliments, utilisation des OGM, analyse des risques en agroalimentation ». Derrière la prudence de mise, les deux journalistes burkinabés de Sidwaya retiennent que le conseiller du ministre « a souligné que « les problèmes alimentaires restent un des problèmes cruciaux des pays en développement » et a souhaité que les résultats de ce séminaire apportent des solutions à ces problèmes. »


Voir en ligne : "Des OGM pour nourrir la planète ?", dossier ouvert par Philippe Bourlitio sur son site Débats Science Société

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