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09 novembre 2005, Capital, Libération, Le Bien Public, Libération, Le Monde, Les Echos et La Tribun

mercredi 9 novembre 2005

Subventions agricoles : les petits contre les gros. Les subventions agricoles sont dans le collimateur, au niveau mondial (OMC) comme à l’échelle européenne (PAC). Dans un article retentissant (non disponible en ligne), le mensuel Capital dénonce « les profiteurs de la PAC ». Le Bien Public, quotidien régional de Dijon, estime que cette « polémique » autour des gros bénéficiaires des aides de la PAC survient « alors que l’agriculture est victime d’attaques au sein de l’OMC ». Dans un article intitulé « contre les coqs en PAC », Libération révèle à son tour qu’un riziculteur camarguais possédant 1 733 hectares et un propriétaire de 1 500 hectares de maïs en Aquitaine se sont partagés 1,7 million d’euros en 2004. Alors que la correspondante du journal à Bruxelles explique que la France fait l’objet de « pressions accrues » pour faire toute la transparence sur les bénéficiaires de la PAC, comme cela a déjà été fait dans d’autres pays européens, Christian Losson affirme dans un autre article que « Paris maintient l’opacité agricole ».
Le quotidien économique La Tribune, qui consacre sur son site tout un dossier à la question des « subsides agricoles » au sein de l’OMC, revient à la charge. Thierry Arnaud affirme que la PAC n’est pas seulement inégalitaire, mais « source d’effets pervers ». Selon le chroniqueur de La Tribune, la PAC « encourage le maintien de grandes exploitations dans les cultures, notamment céréalières, les plus aptes à capter des subventions, au détriment d’une reconversion vers des secteurs plus porteurs ou des domaines comme les protéagineux utilisés pour l’alimentation animale, dont l’Europe est très largement importatrice nette. Elle pénalise les jeunes agriculteurs. Elle handicape le développement de l’agriculture des pays en développement. » Seul Le Figaro semble encore défendre le gouvernement français. Pierre Avril explique que la France est victime d’« une offensive britannique » et qu’elle « doit se battre sur deux fronts » : l’OMC et le budget européen, pour « défendre ses paysans ». Le journaliste du Figaro souligne que Peter Mandelson, commissaire européen au Commerce et négociateur à l’OMC, est à la fois « britannique et proche de Tony Blair ». Pour contrer cette offensive, le ministre des Affaires Etrangères, Philippe Douste-Blazy, fait valoir que « c’est le Brésil, et non le Mali », qui bénéficierait d’une suppression des subventions agricoles à l’OMC. La France a « en partie, raison », juge Le Monde dans un éditorial, qui ajoute cependant que « comme cette thèse est poussée par les lobbies verts français et n’est mise en avant que pour aboutir à un maintien du statu quo, elle n’a convaincu personne hors de nos frontières ». Dans une tribune au quotidien Les Echos, un universitaire français, Patrick Messerlin, prend la défense de Peter Mandelson et affirme même que « la France a intérêt à une réduction plus importante des subventions que celle annoncée » par le commissaire européen « parce que ses agriculteurs sont parmi les plus efficients en Europe ». M.Messerlin est directeur du Groupe d’économie mondiale (GEM) à Sciences-Po.


Voir en ligne : La liste des 24 plus gros bénéficiaires français de la PAC sur le site du GEM (rtf)

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