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09 décembre 2005, Le Figaro, Mer et Marine et Collectif Bar Européen

vendredi 9 décembre 2005

Surpêche : quand les mers se transforment en désert, les chercheurs français hésitent à se taire. Les captures de poissons au large des côtes françaises dépassent les capacités de renouvellement naturelles, affirme un article du Figaro. Le journal se base sur une étude de l’IFREMER, parue dans une revue scientifique danoise, présentée comme « la première étude globale menée en France sur l’impact de la pêche ». Mais l’IFREMER « n’a pas jugé bon de communiquer » sur cette étude, souligne le journaliste Yves Miserey, qui note au passage que le PDG de l’institut, Jean-Yves Perrot, est l’ancien directeur de cabinet d’Hervé Gaymard, ce qui peut « ajouter au sentiment de malaise ». Les chercheurs de l’Ifremer « refusent de prendre position publiquement », explique le journaliste, « de crainte d’irriter les pêcheurs, ou de se mettre en opposition ouverte avec leur ministère de tutelle (l’agriculture et la pêche) ». Dans un deuxième article, le Figaro ajoute que la France « défend régulièrement les pêcheurs contre l’avis des scientifiques » au niveau européen. Le journaliste Pierre Avril écrit : à Bruxelles, le ministre de la Pêche, Dominique Bussereau, a coutume de critiquer les « les points de vue des scientifiques » faisant état d’une raréfaction croissante des espèces. Ces derniers, reproche-t-il, « ne prennent pas en compte les réalités politiques et économiques ». Pour illustrer cette défiance envers les experts, le site Mer et Marine cite des « rumeurs » faisant état de « murs d’anchois » dans le Golfe de Gascogne, alors que la pêche de ce petit poisson vient d’être suspendue par Bruxelles. Ce site spécialisé, conçu par un militant socialiste de Loire Atlantique, ajoute qu’après l’interdiction de l’anchois, « les pêcheurs s’étaient rabattus sur le thon, mais les capacités des producteurs sont vite arrivées à saturation. Les chalutiers ont donc commencé avec un mois d’avance la campagne du bar ». Ce qui inquiète les pêcheurs de bars de ligne. « Cet été, le thon germon a fait les frais de la fermeture de l’anchois dans le Golfe de Gascogne avec des tonnages jamais atteints. Il y a fort à craindre que cet automne ce soit le bar qui fasse les frais de la fermeture des quotas de thon et qu’on assiste à une pression de pêche sans précédent », s’alarme le collectif Bar Européen sur son propre site.


Voir en ligne : Sur le site du ministère de l’Ecologie, l’IRD préconise de nouvelles méthodes d’évaluation des ressources halieutiques

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