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08 juin 2007, Le Figaro, Libération, Le Monde, Le Temps, Associated Press et Cyberpresse, Les Echos, Le Quotidien du Peuple

vendredi 8 juin 2007

Scandales alimentaires en Chine. L’ancien responsable chinois de la State Food and Drug Administration a été condamné à mort pour corruption. L’annonce de la condamnation de Zheng Xiaoyu, limogé en 2005 de son poste de dirigeant de cette haute autorité de régulation chinoise de l’alimentation et des médicaments comparable à la FDA américaine, intervient après la révélation d’une série de scandales visant les produits chinois distribués sur le marché intérieur, mais surtout à l’exportation. « Il aura fallu que des chiens et des chats américains périssent après avoir ingurgité des croquettes toxiques produites en Chine pour que la question de la sécurité alimentaire et sanitaire de l’empire du Milieu surgisse au grand jour », écrit Julie Desné, correspondante du Figaro à Shangaï. Sa consoeur de Libération basée à Pékin signalait dès le 10 mai la mort de chiens et de chats aux Etats-Unis, « victimes d’aliments chinois avariés ». Après l’annonce de la condamnation qualifiée de « rarissime » de Zheng Xiaoyu, Pascale Nivelle ajoute le 30 mai que « pas un jour ne passe outre-Atlantique sans que la presse ne révèle la découverte de sauce soja aux cheveux humains, d’anguilles nourries aux pilules contraceptives, de seiches à l’encre de Chine, de champignons aux pesticides, de poissons-chats aux antibiotiques... » Bruno Philip, correspondant du Monde à Pékin, énumèrait pour sa part le 28 mai une liste qualifiée « d’écoeurante » de produits "made in China" bloqués par les douanes américaines, et publiée par le Washington Post. « Le monde entier découvre, à la faveur du boom des exportations chinoises, la dangerosité de toutes sortes de produits made in China », ajoute deux jours plus tard Brice Pedrelotti, autre correspondant du Monde en Chine, dans son compte-rendu de l’annonce de la condamnation de Zheng Xiaoyu. Son article ne fait pourtant pratiquement état que de médicaments périmés sur le marché chinois, n’évoquant qu’en dernière ligne les cas d’intoxication alimentaire, pourtant « légions », qui « font les gros titres, nourrissant une phobie grandissante des consommateurs ». L’opinion internationale s’est bien émue davantage du sort des animaux domestiques en Amérique que de la santé des Chinois. Mais les autorités chinoises également, note le quotidien suisse Le Temps. « Il faut en effet que le scandale atteigne ou touche l’étranger pour que la poussière se mette à voler, par crainte des retombées en termes d’image et de contrats », constate son correspondant à Pékin, Tristan de Bourbon. Dès le 1er mai, une dépêche du bureau pékinois de l’Associated Press publiée sur un site québécois expliquait que l’adjonction de mélamine dans les aliments pour animaux était une « pratique courante » en Chine. « Cherchant à gonfler leurs profits, beaucoup de producteurs chinois modifient leurs recettes et remplacent certains ingrédients par des composants chimiques meilleur marché, sans tenir compte de l’impact sur la santé des consommateurs », explique Yann Rousseau, le correspondant des Echos à Pékin. Les coupables ont été emprisonnés, réagit le Quotidien du Peuple, qui affirme en titre que « la Chine attache toujours une grande importance à la sécurité de la nourriture exportée ». Le gouvernement chinois et la presse officielle ne se contentent pas d’une attitude défensive. Un autre article du Quotidien du Peuple révélait que des caisses d’eau minérale d’Evian avaient été renvoyées en France car elles étaient contaminées par « une quantité excessive de microbes ». Selon Les Echos, Danone est victime d’une poussée de « patriotisme économique » de Pékin. Son correspondant explique que la firme Procter et Gamble avait elle aussi été victime d’une attaque identique, « accusée de vendre des produits de beauté contenant du chrome et dunéodyme ». Pour Le Figaro, Danone serait également victime d’un « conflit juridique » qui l’oppose à son partenaire chinois, Wahaha.


Voir en ligne : Le blog, engagé et parfois enragé, de deux jeunes Suisses à Shangaï qui ont suivi ces affaires sur place, et à travers les publications internationales sur le Net

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