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08 février 2005, Libération, Marianne, La Presse (Tunis) et L’Intelligent

mardi 8 février 2005

Kenya : la guerre de l’eau entre éleveurs masaïs et fermiers kikuyus. Au Kenya, la guerre de l’eau fait couler le sang, titre Libération. L’envoyé spécial du journal raconte que des guerriers masaïs ont attaqué des fermiers kikuyus pour abreuver leur bétail. Alexis Masciarelli explique que le mode de vie nomade des masaïs est aujourd’hui marginalisé et que ces fiers guerriers ont été spoliés de leurs terres par les kikuyus lors de la décolonisation. Une histoire qui remonterait au premier président kenyan, Jomo Kenyatta, un kikouyou. Le journal tunisien La Presse évoquait déjà ces heurts en janvier dernier, soulignant que ces conflits ethniques étaient le fruit de « clientélisme ». L’an dernier, une enquête officielle avait conclu que des responsables politiques bien placés s’étaient emparés illégalement de terres pendant des décennies pour satisfaire leur clientèle politique, concluait La Presse. « En réalité, même si on parle d’affrontements pour l’accès à l’eau et aux meilleurs pâturages, la question est essentiellement politique », explique un missionnaire catholique sur le site des Spiritains, une congrégation québécoise qui suit attentivement le conflit. Alors que le journaliste de Libération expliquait que les masaïs s’en étaient pris à la ferme « d’un politicien » qui avait détourné un ruisseau sans mentionner son appartenance politique ou ethnique, les missionnaires précisent que l’un des plus important propriétaire terrien dans la vallée du Rift est un masaï, William Ole N’timama. Il faut noter que cet affrontement entre les masaïs et les kikuyus est intervenu juste avant l’attribution du prix Nobel de la paix à Wangari Muta Maathai, ministre adjoint de l’Environnement et des Ressources naturelles du Kenya et... « kényane d’extraction kikuyue », comme elle se définit elle-même dans une interview au magazine L’Intelligent (ex-Jeune Afrique). Wangari Maathai ne semble pas avoir réagi au conflit. Le seul ministre à avoir réagi est celui du tourisme, souligne Patrick Girard dans Marianne. Les affrontements ont en effet provoqué la fermeture temporaire de la route menant au parc de Masaï Mara, fréquentée par de nombreux touristes en cette époque de l’année, explique le journaliste. Pour le gouvernement kenyan, « ce manque à gagner de l’industrie touristique est plus important que le règlement d’un litige foncier », assène Patrick Girard.


Voir en ligne : Une analyse sur la "guerre oubliée du Rift" et la politisation des conflits ethniques (en allemand)

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