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07 décembre 2006, Sud Ouest, Le Monde, L’Express.fr, Nouvel Obs.com et agence AP

jeudi 7 décembre 2006

La santé des jeunes contre la santé de la viticulture ? La lutte contre l’alcoolisme est-elle incompatible avec le rétablissement économique de la viticulture française ? C’est la question que pose l’intense polémique médiatique suscitée autour de la publication de deux rapports, parlementaire et scientifique, aux finalités différentes, voire opposées. Sur le site du Nouvel Observateur en ligne, une dépêche de l’agence AP annonce qu’un rapport parlementaire « veut redonner aux Français le goût du vin ». L’agence souligne que ce rapport « faisait débat avant même sa présentation à la presse », notant que « ce document est publié au lendemain de la clôture des états généraux de l’alcool, qui ont rappelé que ce fléau faisait 45.000 morts chaque année en France ». Pour Cécile Prieur, journaliste au Monde, « la concomitance des dates ne doit rien au hasard ». La journaliste focalise son article sur la proposition des deux députés UMP, Philippe-Armand Martin (Marne) et Gérard Voisin (Saône-et-Loire), d’informer des effets "bénéfiques" du vin "dès l’école primaire". « Une proposition vertement accueillie par le ministre de la santé », signale Cécile Prieur, qui cite la réaction - ironique précise-t-elle - de Xavier Bertrand : « on n’a pas recommandé la mini-canette de bière ou de vin à la cantine ». Les députés auteurs du rapport se déclarent « scandalisés » dans Sud Ouest, affirmant que leur travail a été caricaturé. Une « fuite » véhiculée la semaine dernière par une agence de presse laissait à penser que ce rapport préconisait l’éducation au vin dès l’école, explique le quotidien régional bordelais, qui ajoute cependant que les députés ne sont, au fond, pas mécontents de l’affaire qui a ému jusqu’au ministre de la Santé. Sud Ouest publie également l’interview du professeur Benoît Fleury, médecin alcoologue au CHU de Bordeaux. Vice-président de l’Anpaa (Association pour la prévention de l’alcoolisme et des addictions), le Dr Fleury estime à son tour que le télescopage des dates « n’est sans doute pas un hasard » et y voit « la démonstration de la puissance de gens qui s’intéressent plus à la défense des intérêts particuliers qu’à celle de la santé collective ». Au passage, le Dr Fleury préfère parler de « l’éthanol du vin » que d’alcool. Dès lundi, Anne Vidalie laissait entendre sur le site de L’Express en ligne que l’alcool allait « trinquer ». La journaliste présentait un autre rapport, celui du directeur de la Santé Didier Houssin, comme une « déclaration de guerre ». Elle s’appuyait sur les craintes d’un vigneron bordelais, Xavier Carreau, présenté comme le président du lobby Vin et société. Son article propose des liens vers de nombreux rapports, français et européens, et des encadrés chiffrés sur la consommation d’alcool en France et en Europe. Anne Vidalie mentionne également le programme de recherche de l’INRA de Dijon pour mettre au point un vin de qualité "à qualité réduite en alcool".
Passionnelle en France, la polémique touche aux confins de l’identité nationale. « Etre Français, c’est connaître le vin », assure le député Philippe-Armand Martin à l’agence AP. « Le vin n’a rien à voir avec le camembert », rétorque le Dr Fleury dans Sud Ouest.


Voir en ligne : Définition de l’alcool éthylique dans le dossier consacré par le site Futura Sciences à la "chimie du vin"

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