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06 avril 2006, Le Monde, Libération, Metro et Agrisalon

jeudi 6 avril 2006

Europe et OGM : marché unique contre "ilots" régionaux. La question de la coexistence de cultures OGM et non-transgéniques en Europe est débattue à Vienne (Autriche) à l’occasion d’une conférence intitulée "Liberté de choix". Un intitulé « raillé par les opposants aux OGM », note Le Monde, en soulignant que les anti-OGM ont organisé une contre-manifestation dans la capitale autrichienne, qui préside actuellement l’Union Européenne. L’article de Gaëlle Dupont et Rafaële Rivais, correspondante du Monde à Bruxelles, souligne la difficulté à établir des frontières étanches pour des pollens, « sauf à construire des murs étanches entre les champs ». « Les OGM n’ont aucune frontière », reprend en titre Libération, qui publie une interview de Klaus Klipp, secrétaire général de l’Association des Régions d’Europe (ARE) réclamant à la fois le droit pour les régions de se déclarer "sans OGM" et une règlementation européenne unique. Le correspondant de Libération à Strasbourg, Thomas Calinon, qui mène l’interview, fait remarquer que cela va à l’encontre du principe de subsidiarité pronée par l’ARE. « Nous défendons l’idée que les décisions doivent être prises au niveau le plus près possible des citoyens, parce que cela permet de mieux les impliquer dans le processus démocratique. Mais, dans ce cas précis, je ne vois pas comment élaborer des règles qui ne soient pas communes », répond Klaus Klipp, qui cite le cas de figure de champs bio français « contaminés par des OGM venus d’Allemagne ». Les normes de coexistence peuvent « varier de quelques hectomètres à plusieurs dizaines de kilomètres », souligne M.Klipp. Un argument repris dans le quotidien gratuit Métro par Christian Hosy, chargé de mission à France Nature Environnement, qui explique pour sa part qu’il faudrait « des dizaines de kilomètres entre les plantations ou cultiver des variétés qui n’arrivent pas à pollinisation en même temps ». Visiblement impressionné, Métro évoque en titre des OGM « très contagieux ». Le réseau des régions sans OGM compte aujourd’hui 39 membres en Europe, selon Le Monde, qui a également comptabilisé 172 régions et 4 500 collectivités plus petites se déclarant "sans OGM", même si ces déclarations sont perçues comme « symboliques » pour Gaëlle Dupont, qui rappelle que les collectivités n’ont pas de compétence agricole en France. « Aucune zone sans OGM ne peut être décrétée par la loi. Nous vivons dans un marché unique, c’est ce marché qui décide », souligne Michael Mann, porte-parole de la commissaire chargée de l’agriculture, Mariann Fischer Boel, en conclusion de l’article du Monde. Le site professionnel Agrisalon publie un communiqué de Jean-Yves Le Drian, président (PS) du conseil régional de Bretagne, qui déplore « cette transcription libérale des directives européennes qui ne représente pas d’avantages décisifs » pour l’agriculture de sa région et estime que le projet de loi française, voté au Sénat, « ne réunit pas les conditions suffisantes pour permettre une coexistence possible. »


Voir en ligne : Un rapport de Greenpeace sur les cultures OGM menées en Catalogne et en Aragon conclut également à une coexistence impossible (en anglais)

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