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04 octobre 2007, Le Monde, Atmospheric Chemistry and Physics Discussions, Reuters, Le Point, Europe1, Novethic, Liberterre

jeudi 4 octobre 2007

Un livre et un prix Nobel contre les agrocarburants. Le "pétrole vert" fait grise mine. Présentés comme des alternatives à la pénurie annoncée de "l’or noir", les carburants d’origine végétale sont de plus en plus vertement critiqués. Déjà soupçonnés de n’être pas si "bio" (notre revue de presse de mai 2007), ces agrocarburants sont la cible d’un nouveau livre polémique, paru cette semaine en France, après la publication d’une étude scientifique fort critique. Selon le prix Nobel de Chimie Paul Crutzen, la production d’un litre de carburant issu de l’agriculture peut contribuer jusqu’à deux fois plus à l’effet de serre que la combustion de la même quantité de combustible fossile, résume Le Monde. Le journaliste Stéphane Foucart, qui synthétise les calculs de ce chimiste du Max-Planck-Institut et d’une équipe internationale de chercheurs, a retenu que « la seule culture dont l’utilisation sous forme de combustible est bénéfique au regard du changement climatique (serait) la canne à sucre ». A noter que Le Monde utilise le conditionnel dans son titre pour avancer en résumé que « l’essor des agrocarburants pourrait aggraver le réchauffement climatique », expliquant que « les marges d’erreurs sont importantes » et que les calculs des chercheurs sont « des estimations » qui « pourront éventuellement être amendées », puisque la publication Atmospheric Chemistry and Physics Discussions (article de 15 pages en anglais au format pdf) est « un processus de "revue en ligne". » Une dépêche de l’agence Reuters publiée par Le Point note que « l’étude ne condamne pas tous les biocarburants » et « suggère notamment d’employer certaines espèces d’arbres comme le peuplier ou le saule ». Fabrice Nicolino, lui, jubile. « Paul Josef Crutzen, prix Nobel de chimie en 1995, est d’accord avec moi. Mazette ! » , écrit ce journaliste sur son blog, ouvert pour accompagner la publication de son nouveau livre, "La faim, la bagnole, le blé et nous" (Fayard), sorti le 4 octobre. Ce journaliste engagé, qui s’était déjà signalé en co-signant un ouvrage chez le même éditeur contre les pesticides (notre revue de presse de mars 2007), récidive dans la polémique en sous-titrant son livre : "une dénonciation des biocarburants". « Les biocarburants, c’est pire, c’est bien pire que le pétrole », estime Fabrice Nicolino, interrogé par Europe 1, qui fait également le lien entre la publication du livre et celle de l’étude du prix Nobel de Chimie. Le journaliste a également longuement répondu aux lecteurs du Monde à l’occasion d’un "chat" organisé sur le site internet du journal. Il y dénonce le « lobby des biocarburants, constitué par l’industrie des oléagineux (colza et tournesol) ». Cette dénonciation est la thèse principale de son ouvrage. « Les biocarburants ne servent qu’à offrir des débouchés commerciaux. Tout le reste n’est que diversion ou propagande », affirme l’auteur du livre dans une interview à Novethic, qui se présente comme le media en ligne du développement durable. Comptant autant sinon plus sur Internet que sur les médias traditionnels pour propager ses idées, Fabrice Nicolino avait lancé un "appel urgent" sur le réseau avant même la sortie de son livre. On peut par exemple le retrouver sur ce site, qui entend « libérer la Terre, la Vie et les Consciences de la tyrannie des croyances accidentales » (sic).


Voir en ligne : Agrice (Agriculture pour la Chimie et l’Energie), désigné par Fabrice Nicolino comme le "coeur du lobby" qu’il dénonce, sur le site de l’ADEME (Agence de l’Environnement et de la Maîtrise de l’Energie)

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