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04 avril 2005, Libération, Le Figaro, Le Potentiel (Kinshasa), AFP, IPS (Afrique du Sud) et Angola Press

lundi 4 avril 2005

La fièvre de Marburg en Angola et la sueur dans les bus de Kinshasa. Une épidémie de fièvre de Marburg sévit depuis plusieurs mois en Angola. Extrêmement contagieuse, cette maladie, découverte en 1967 par des chercheurs allemands de la ville de Marburg et des collègues yougoslaves, s’apparente au fameux virus d’Ebola. Le virus a déjà causé la mort de plus de 130 personnes et s’est étendu à quatre provinces du pays à partir de l’hôpital de Uige, relate Le Figaro. L’article, paru samedi 2 avril, décrit la situation apocalyptique de l’hôpital de Uige, « transformé en mourroir » selon Mercedes Tatay, médecin français qui s’est rendue sur place. Responsable des urgences de Médecins sans frontières, le Dr Tatay lançait déjà un cri d’alarme mercredi dans Libération depuis Luanda, la capitale angolaise. L’Organisation mondiale de la santé (OMS) s’inquiète d’une possible propagation du virus hors de l’Angola, ajoutait samedi Corinne Bensimon dans Libération. « L’information est la clé de voûte de la lutte contre ce virus face auquel la médecine est démunie », explique la journaliste. Le correspondant de l’AFP à Luanda signalait pourtant que le vice-ministre de la Santé, José Van-Dunem, avait appelé « les journalistes à ne pas paniquer la population sur la maladie, en diffusant les statistiques des malades et des morts ». « Il ne s`avère pas nécessaire de mettre la province de Uíge sous quarantaine, comme certains circuits ne cessent de commenter », ajoutait le vice-ministre repris par l’agence Angola Press. Le journaliste du Figaro, Jean-Michel Bader, note que la restriction ou la limitation des mouvements de population est un sujet tabou. « Les autorités craignent en effet des crises de panique incontrôlables si elles étaient mises en oeuvre », explique-t-il. L’agence de presse sud-africaine IPS relatait toutefois dès mercredi que la république démocratique du Congo (RDC) et le Congo-Brazaville avaient mis en place des « cordons sanitaires » à leurs frontières avec l’Angola. Le virus de Marburg sème la panique à Luanda, Kinshasa et Brazzaville, affirme l’IPS. Le bureau de l’agence à Kinshasa, la capitale de la RDC, souligne que les quelque six millions d’habitants « se demandent comment éviter la promiscuité afin de minimiser les risques de contamination par le virus alors qu’ils doivent emprunter des véhicules de transport en commun très bondés avec toutes les chances de se mélanger les sueurs issues de leur transpiration ». Une inquiétude déjà développée la veille dans Le Potentiel, un quotidien de Kinshasa. Les transporteurs « entassent les gens comme des marchandises », dénonce le journaliste Pierre Emangongo qui estime que dans ces conditions, « il suffit d’un cas du virus Marburg à Kinshasa pour que l’Humanité assiste à l’une de plus grandes hécatombes du troisième millénaire ».


Voir en ligne : Le point sur l’épidémie sur le site de Médecins sans frontières

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