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03 novembre 2004, Le Figaro, Libération, Le Temps, Sud Ouest, Le Point, Télérama

mercredi 3 novembre 2004

Mondovino : les marques contre le terroir. Mondovino, le documentaire sur la mondialisation dans le petit monde des grands vins, présenté au festival de Cannes, sort ce mercredi dans les salles de cinéma. Ce film de Jonathan Nossiter est infiniment plus novateur artistiquement et plus profond politiquement que Fahrenheit 9/11, le documentaire de Michaël Moore qui avait remporté la palme à Cannes, estime Le Figaro . Pour le quotidien suisse Le Temps, Mondovino est même plus habile à dénoncer les perversions de la mondialisation que Farheneit 9/11 qui véhiculerait, « sous couvert de les attaquer, les valeurs les plus nauséeuses de la globalisation sous l’égide de l’Amérique impérialiste ». Le vin est devenue une mixture trafiquée, homogénéisée pour plaire au plus grand nombre, et surtout aux acheteurs américains, résume Libération. « Imposer son goût, c’est aussi imposer sa culture », note François-Guillaume Lorrain dans Le Point. « Ce n’est pas l’Amérique qui nous envahit, c’est la France et Bordeaux qui ont envahi l’Amérique », rétorque dans Télérama un jeune vigneron de Saint-Emilion qui s’est lancé, explique l’hebdomadaire, dans un vin de garage à haute valeur technologique ajoutée. Télérama explique que c’est Jonathan Nossiter lui-même qui a invité ce « trublion » lors d’une rencontre dans le bordelais pour la sortie du film en avant-première. A Bordeaux, on ne sait plus ce que veut dire le mot terroir et on ne veut plus entendre parler d’appellation d’origine contrôlée, affirme le journaliste de Télérama, Vincent Rémy, qui résume le nouveau mot d’ordre : « place aux marques ». « La lutte entre terroir et marque est très représentative des choix que nous avons à faire », explique le réalisateur dans une interview au Figaro. « Le terroir, c’est une idiosyncrasie entre la terre et l’homme, il met en valeur la dignité de l’individu. La marque supprime ce lien, fait disparaître la personnalité, avec son caractère et ses défauts – oui, je tiens aux défauts ! » Et dans une autre interview à Sud Ouest, Jonathan Nossiter va plus loin en affirmant : « Je trouve même essentiel que les défauts se voient (...) Finalement, j’ai réalisé un film rien qu’avec des défauts ! »


Voir en ligne : Le site internet du film Mondovino

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