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03 mars 2006, Le Monde, Les Echos et Washington File

vendredi 3 mars 2006

OGM et intoxication de l’information. Contrairement à ce qui fut publié dans quasiment toute la presse mondiale, début février, après la remise d’un pré-rapport d’un panel de "juges" de l’OMC à Genève, l’organisation mondiale du commerce « n’a pas condamné l’Europe pour ses mesures sur les OGM », affirme Le Monde. Le journaliste Hervé Kempf a pu lire ce rapport confidentiel, mis en ligne sur Internet par l’ONG internationale Les Amis de la Terre le 28 février, explique-t-il. Il retient que le rapport, p367, « reconnaît notamment la légitimité d’un moratoire sur les OGM ». « Il était nécessaire d’attendre pour vérifier l’information, puisque le rapport de l’OMC est contraire à ce qui a été claironné », insiste le journaliste, qui rappelle que Le Monde s’était tenu à l’époque à un prudent conditionnel car « le document de 1 040 pages n’avait pu alors être consulté par aucun organe de presse ». Selon Hervé Kempf, la plupart des agences de presse avaient cependant relayé les affirmations d’un officiel américain anonyme. Le site d’information du gouvernement américain conserve la trace d’un article de Kathryn McConnell, rédactrice du « Washington File », publié en français, qui affirme en première phrase que « l’Organisation mondiale du commerce (OMC) a rendu une décision en faveur des États-Unis au sujet de leur plainte contre le moratoire de l’Union européenne relatif aux organismes génétiquement modifiés (OGM) ».
Une affirmation qui n’a cependant pas trompé le quotidien français Les Echos, analysant le 20 février dernier dix ans de bataille sans vainqueur. La journaliste Anne Bauer estime que « l’avenir des OGM est moins soumis au différend entre l’Union européenne et les Etats-Unis » qu’aux recherches publiques menées par le Brésil, la Chine, l’Inde, trois pays qui vont selon elle « jouer un rôle clé dans la bagarre pour la gouvernance mondiale des OGM ». La journaliste souligne que « la question des OGM reste l’un des grands sujets de la mondialisation, qui dessine une nette ligne de fracture entre les pays de l’OCDE et s’affranchit d’une division plus classique entre les pays du Nord et du Sud ». Elle distingue deux camps : les libéraux (USA, Canada, Argentine) et les « régulateurs » (Union Européenne, Japon). « Toutefois, rien n’est simple et le débat fait rage sur toute la planète », ajoute Anne Bauer, qui signale que l’Australie par exemple « adopte une attitude stricte au niveau national, mais se montre très libérale à l’international, alors même que 9 sur 10 de ses Etats ont décrété un moratoire sur les OGM ».


Voir en ligne : La publication du rapport a été signalé sur le site Inf’OGM par un communiqué des Amis de la Terre

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