17/03/2005
Revue de presse quotidienne. Mission Agrobiosciences.

L’herbicide "vert" et l’agent orange

Alors qu’un colloque international était organisé ce week-end à Paris sur les ravages des défoliants épandus lors de la guerre du Vietnam, des études françaises s’attaquent aux effets nocifs du Roundup de Monsanto. Son principe actif, le glyphosate, a longtemps joui d’une réputation d’innocuité vis-à-vis de la santé humaine et de l’environnement, souligne Hervé Morin dans Le Monde. Mais le journaliste signale que les travaux de deux chercheurs français démontrent « des effets indésirables in vitro ». « De telles études in vitro ne sont pas suffisantes pour déduire des effets sur l’homme », tempère cependant Sophie Gallotti, de l’Agence française pour la sécurité sanitaire des aliments (Afssa). Le journaliste du Monde termine son article en signalant qu’une association bretonne reproche à Monsanto de faire de la "biodégradabilité" de son produit un argument publicitaire, « déjà jugé mensonger par la justice américaine ».

La dioxine, elle, n’est guère biodégradable. Trente ans après la fin de la guerre du Vietnam, les herbicides à forte teneur en dioxine déversés par l’armée américaine, et notamment l’agent orange, continuent de polluer les sols et les aliments et de nuire à la santé des Vietnamiens, rappelle le quotidien belge Le Soir, rendant compte d’un colloque international organisé vendredi 11 mars à Paris. Ce colloque s’est ouvert en même temps que le premier procès intenté aux fabricants au Etats-Unis, souligne L’Humanité. Le juge de Brooklyn a rejeté la plainte, signale aujourd’hui Libération . « Le juge a pris pour postulat que l’agent orange n’est pas un poison », explique l’un des avocats des plaignants, qui conteste cette position. « Herbicides ou arme chimique ? », se demande Libération. La journaliste, Sylvie Briet, note que depuis trente ans, aucune grande étude épidémiologique internationale n’a été menée (au Vietnam) sur les liens toujours difficiles à établir entre la nocivité d’un produit et ses conséquences sur la santé humaine. « Seuls les Vietnamiens ont mené des études sur l’épidémiologie (...) mais leurs résultats n’ont jamais pu répondre aux exigences des revues scientifiques internationales », résume la journaliste. Pourtant, note Le Courrier du Vietnam, les États-Unis ont reconnu explicitement la toxicité de l’agent orange sur la santé de leurs soldats ayant participé à la guerre au Vietnam. En 1984, sept entreprises américaines ont versé 180 millions de dollars à 10 000 vétérans américains, précise Libération, qui ajoute qu’il s’agisssait d’un « arrangement » pour éviter une plainte devant les tribunaux. (Revue de presse. Mission Agrobiosciences 14 Mars 2005

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14 mars 2005, Le Monde, Libération, L’Humanité, Le Soir et Le Courrier du Vietnam

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