10/07/2009
Revue de presse de la Mission Agrobiosciences. 10 juillet 2009
Nature du document: Revue de presse
Mots-clés: Cancer , Eau , Pesticides , Risque , Santé

Le cas d’eau de David Servan-Schreiber (article revue de presse)

©www.fiteo.fr

Depuis sa publication le 23 juin 2009, le communiqué de David Servan Schreiber fait beaucoup de remous dans le monde de la médecine. En déconseillant aux personnes atteintes d’un cancer de boire l’eau de robinet - celle-ci pourrait aggraver leur état à cause de la présence de résidus chimiques - l’écrivain-médecin a jeté un pavé dans la nappe phréatique du milieu médical qui s’est empressé de réagir. On voit ici se profiler le débat sur le principe de précaution : où est la frontière entre véritable risque et prévision à la Cassandre, tout particulièrement lorsqu’il y a débat au sein du monde scientifique ?

Le texte de David Servan-Schreiber, co-signé par le Fonds Mondial pour la Nature (WWF) et d’autres personnalité scientifiques, met en garde contre le risque à être exposé à «  des taux de nitrates et de pesticides supérieurs aux normes » lit-on dans France-Soir. Passées les mises en garde, les auteurs du texte conseillent «  aux personnes malades du cancer ou qui sont passées par la maladie de ne boire quotidiennement de l’eau du robinet que si elles sont sûres de sa qualité, et sinon de s’équiper d’un filtre de qualité ou de boire de l’eau en bouteille », selon le même journal qui rappelle, d’ailleurs, les trois sortes d’eau disponibles : l’eau de source, l’eau minérale (distribuées toutes les deux en bouteilles) et l’eau du robinet qui « vient des nappes phréatiques, des fleuves, rivières et autres réserves d’eau, et subit divers traitements et vérifications avant de devenir potable et d’être distribuée aux particuliers  ».

De l’eau dans le gaz ou des gaz dans l’eau ?

Ce sont ces traitements et vérifications que David Servan-Schreiber remet en cause, arguant dans France-Soir que « les normes de qualité de l’eau potable en France n’ont pas suffisamment évolué ces dernières années et ne prennent pas en compte les nouveaux polluants tels que certains pesticides, certaines hormones ou le bisphénol A ». Pour trois agences françaises - l’Académie Nationale de Médecine, l’Académie Nationale de Pharmacie et l’Académie de l’Eau - la coupe est pleine ! Le site Santé Log relaie leurs propos selon lequel cet avis « constitue à la fois un déni de la Science, un mépris de la médecine et une atteinte au respect des patients ». Excusez du peu. La Direction Générale de la Santé (DGS) y va également de son petit grain de sel en affirmant « que les Français pouvaient "maintenir leur confiance" à l’eau du robinet, qui subit des contrôles "exigeants et réguliers"  », d’après France-Soir.
Si la polémique semble prendre racine autour du traitement et de la récupération des eaux, la source en est autre et relève du débat entre risques avérés et risques débattus.

La partie émergée de l’iceberg

C’est un rapport de l’Agence Française de Sécurité Sanitaire de l’Environnement et du Travail (Afsset), concernant l’impact de l’environnement sur le risque de développer un cancer, qui touche au cœur du problème. « Selon l’agence, il faut sortir du débat liens avérés/liens débattus, pour appliquer, au-delà de la prévention, le principe de précaution » explique Actu-Environnement. En complément d’information, le site Internet est allé chercher l’opinion de Martin Guespereau, directeur général de l’Afsset : « Ceux qui estiment à 1 % la part attribuable à l’environnement dans les cancers considèrent les choses de manière étroite. Derrière ces 1 % de liens avérés entre environnement et cancer, il y a un grand nombre de cancers inexpliqués qui ont des sources croisées : l’environnement, la vieillesse, la génétique, la nutrition ». Les 1% sont les substances présentes dans l’environnement dont on est sûr qu’elles présentent un risque pour la santé humaine, or, l’Afsset appelle à également prendre en compte les substances dont la nocivité à long terme fait débat, les études sur le sujet ne permettant pas de connaître des résultats précis.

Des recommandations trop « mère-poule » ?

« Il ne faut pas attendre d’avoir la certitude qu’une substance est cancérigène pour agir », affirme M. Guespereau. Une autre question émerge ici : quand faut-il lancer une alerte sanitaire ? Le principe de précaution peut sembler un moyen de protection efficace, mais à trop vouloir le généraliser, il existe un risque à le discréditer. Le site Santé Log ne se prive d’ailleurs pas d’en faire la satire : « Devrait-on conseiller [aux] personnes de ne pas sortir de chez elles (attention à la pollution urbaine !), de ne pas y rester trop longtemps (attention à la qualité de l’air intérieur !), de n’utiliser ni portable, ni cosmétique, ni parfum, ni bouteille en plastique, de ne pas manger de charcuterie ? ». Sans doute faut-il prendre la mesure du principe de précaution... jusqu’à l’appliquer à lui-même ?

France-Soir, Sante Log, Actu-Environnement

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