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Table ronde de la FEZ
L’intégration européenne : quels atouts et quels risques pour les activités d’élevage et les productions animales ? (Article complet)
A Bled (Slovénie), 6 septembre 2004.

A l’heure de l’élargissement européen, quelles sont concrètement les conséquences de cette intégration, en matière d’élevage et de productions animales, secteur encore ô combien sensible et important dans nos sociétés, tant du point de vue économique qu’alimentaire et environnemental. Car au-delà de l’élevage, ce sont aussi des hommes dont il s’agit : leurs revenus, leurs métier, leur avenir.
Pour évoquer les bénéfices attendus et les risques potentiels, quatre experts internationaux s’exprimaient ce jour-là, à Bled, autour d’une table ronde animée par Jean-Claude Flamant, directeur de la Mission Agrobiosciences.

 

Une table ronde pour faire le tour d’une controverse

Une introduction de Jean-Claude Flamant

Tout d’abord, quel est le rôle de cette Table Ronde au sein de la FEZ ? Il s’agit principalement de consacrer du temps et de donner un espace à la discussion, au sein de l’emploi du temps des Réunions Annuelles de la fédération Européenne de Zootechnie (FEZ), concernant les questions liées à l’élevage et aux productions animales qui font controverse dans la société : production, consommation, environnement, etc.
Afin d’éclairer ces questions, nous invitons des experts dans les domaines de l’économie, de la sociologie et de la politique que nous n’avons pas l’habitude d’entendre intervenir dans les Séances des Commissions d’Etudes. Mais je voudrais ajouter qu’un autre objet de ces Tables Rondes est relatif au souhait de la FEZ de mettre en rapport les spécialistes de l’élevage aux grandes questions abordées par les sciences sociales, économiques et politiques, afin d’en avoir une meilleure compréhension, et d’en intégrer les leçons en tant que citoyens dans leurs propres projets, leurs activités et leurs actions en rapport avec les différentes catégories concernées dans le public.

Le thème de chaque Table Ronde est choisi en relation étroite avec les événements de l’actualité. C’est pourquoi, ici, à Bled, l’événement qui fait référence est l’élargissement de l’Union Européenne intervenu récemment le 1er mai 2004. Quels sont les bénéfices attendus et les conséquences, positives ou négatives, de cet élargissement pour l’économie, pour la société, pour les politiques nationales ? Mais quels sont également les risques possibles pour les activités agricoles et plus spécialement pour l’élevage et les productions animales ? A l’évidence, l’intégration des nouveaux pays dans l’Union Européenne - leur « européanisation » - pose quantités de questions nouvelles qui vont être abordées au cours de cette Table Ronde. Mais peut-être le défi majeur, celui qui englobe toutes les autres, est-il le fossé entre les ambitions positives d’une Europe politique unie et les conséquences concrètes pour les agriculteurs, les consommateurs, les citoyens...

Afin de stimuler nos propres réflexions et nos analyses, nous avons invité d’abord deux spécialistes de l’économie :
Emil Ervajec, Chef de la Chaire de politique et de droit de l’économie agricole, Université de Llubljana. Il effectue un travail de modélisation quantitative sur les conséquences de l’élargissement pour les différents pays concernés. Il a été entendu par le Parlement Britannique l’an passé sur ce sujet.
Alain Pouliquen, Directeur de recherche INRA, à Montpellier. Ses travaux portent sur les changements des politiques agricoles des pays d’Europe Centrale et de l’Est au cours des dernières décennies, avec leurs conséquences sur les structures de production et le commerce et leurs implications sociales. Il a produit un important rapport sur ce sujet pour la Commission Européenne, il y a deux ans, mettant l’accent sur les problèmes de la compétitivité et de la politique.
Pour constituer ce panel, nous avons aussi invité Klaus Meyn, que vous connaissez tous, et qui a accepté de participer à cette Table Ronde pour nous faire profiter de sa très grande expérience de contacts et de coopération auprès des organismes professionnels agricoles et des administrations de l’agriculture des pays d’Europe Centrale et de l’Est en tant que directeur de la Fédération Allemande des Eleveurs. Il est un observateur particulièrement pertinent des réalités à l’échelle des exploitations agricoles.
Au sein de ce panel, Franz Ellendorff est un chercheur que l’on peut dire « classique », dans le domaine de la zootechnie. Il dirige l’Institut de Physiologie et de Génétique Animale de Mariensee (Allemagne). Il étudie les futures évolutions du secteur des productions animales en rapport avec les principes du développement durable, et dans ce cadre il désire insister sur la contribution de la recherche. Il va également présider et animer cette Table Ronde. Je lui donne la parole immédiatement.

Franz Ellendorff
Je désire vous décrire comment va se dérouler cette séance. Tout d’abord nous aurons une brève introduction par chacun des membres du panel ce qui leur permettra de présenter leur position par rapport au thème de la Table Ronde, puis une seconde partie durant laquelle chacun pourra intervenir plus en profondeur. Puis nous aurons un temps de questions et d’échanges avec le public. Et finalement nous essaierons de dégager une conclusion sur l’ensemble du débat.

1. QUELS SONT LES DEFIS MAJEURS DE L’EUROPE ELARGIE POUR LE SECTEUR DES PRODUCTIONS ANIMALES ?

Emil Ervajec

Je voudrais discuter ici des questions scientifiques avec le point de vue de l’économie politique. Tout d’abord, je voudrais dire qu’au cours des dernières années, et plus spécialement au cours de la dernière décennie, des changements importants sont intervenus dans les valeurs publiques et dans la compréhension politique du secteur de l’élevage en Europe.
Ensuite, il faut faire intervenir dans l’analyse les changements et la différenciation des dispositions de la politique agricole.
Ces deux changements ont eu également des impacts spécifiques sur les prix, sur la production, sur le commerce, sur les structures agricoles, et enfin aussi sur la recherche zootechnique.

Alain Pouliquen

Le sujet de ma contribution est le suivant : contrairement à la plupart des attentes exprimées aux débuts de la transition post-communiste, les structures agraires des pays d’Europe centrale et orientale n’ont pas convergé vers le modèle ouest-européen prédominant d’agriculture familiale « professionnelle ».
Le principal mouvement a plutôt été le passage de l’ancienne structure dualiste vers un nouveau dualisme, particulièrement marqué en production animale.
Le nouveau contexte - élargissement de l’Union, nouvelle réforme de la PAC, nouvelles avancées vers la « globalisation » des marchés - renforcera probablement ce dualisme.
Dans un premier temps, soit à moyen terme, ceci sera probablement défavorable au niveau global de la production animale et de l’emploi associé de ces pays. Mais à plus long terme nous avons de bonnes raisons de prévoir une évolution plus favorable de cette production.

Klaus Meyn

Ma contribution va s’attacher aux questions relatives à l’efficacité et à la compétitivité. Et par-dessus tout, je désire mettre l’accent sur des questions telles que comment maintenir au niveau maximum la part des produits animaux provenant des nouveaux pays membres au sein de l’Union Européenne élargie.
Ma deuxième question est celle de la compatibilité de ces évolutions avec le maintien d’emplois aussi nombreux que possible dans les territoires ruraux.
Et ma troisième question est celle de la prise en compte de tous les règlements qui existent dans l’Union Européenne et auxquels il faut maintenant se conformer.

Franz Ellendorff

Dans une Europe plus largement dépendante des consommateurs, nous avons deux niveaux de responsabilités : premièrement, une responsabilité de nature globale ; deuxièmement, une responsabilité de nature locale - c’est-à-dire à l’échelle de l’Europe.
Je considère comme étant tout particulièrement important l’inscription de chaque niveau de responsabilités dans une perspective de développement durable - un terme sur-investi et sur-utilisé avec beaucoup de définitions et de significations différentes.
Le second défi est celui de « produire sûr » - certainement un des défis majeurs de l’Europe élargie.
Et finalement, un troisième point est relatif à la maîtrise de l’état sanitaire des animaux ; j’y inclus aussi la question de la propagation de certaines maladies à travers l’Europe.

2. QUELS SONT LES PRINCIPAUX FACTEURS QUI CONTRIBUENT AUX CHANGEMENTS DE L’AGRICULTURE ET DE L’ELEVAGE ?

Emil Ervajec

Tout d’abord, un facteur très important qui pousse actuellement l’environnement économique et social de l’élevage en Europe provient en fait des changements de la politique agricole intervenus au cours de ces deux dernières années. Nous avons à la fois des valeurs qui changent, des objectifs politiques qui changent, et des mesures qui changent. Nous pouvons caractériser ces changements par trois éléments : premièrement, des « termes nouveaux » pour dire la politique ; deuxièmement, un « déplacement de l’intérêt politique » ; troisièmement, de « nouvelles politiques ».

Des « termes nouveaux », qu’est-ce que cela veut dire ? Maintenant, les décideurs politiques parlent de « multifonctionnalité », de « modèle européen » de l’agriculture, de « développement durable », de « découplage »... En fait, la signification de ces termes et de ces concepts n’est pas claire du point de vue des perspectives offertes. Le plus souvent ces termes sont sans réel contenu ; ce sont des termes de nature politique, dont la valeur est essentiellement symbolique. Ils donnent de la couleur au changement, mais n’ont pas de fondements scientifiques valables.

Deuxièmement, « un déplacement de l’intérêt politique ». Après des décennies d’approche très conservatrice, où toute la politique était orientée vers la production et vers les producteurs, nous pouvons dire que maintenant il y a un déplacement de l’attention des politiques depuis les préoccupations des producteurs vers celles du public. Il s’agit d’une évolution de la base idéologique. Les décideurs politiques européens ne changent pas la Politique Agricole Commune en tant que telle, ils n’en changent pas les objectifs, ceux qui ont été fixés dans la période suivant la Seconde Guerre Mondiale... Mais ils sont en train d’en changer les termes et les expressions pour en assurer une meilleure « promotion » auprès du public. Si l’on est cynique, on peut dire que cette évolution de la politique consiste seulement à faire une politique qui parle plus à l’imaginaire des électeurs.

Et puis, nous avons les « nouvelles politiques » dans le cadre de l’Europe agricole. Tout d’abord, nous avons un nouveau schéma pour les aides directes, appelé « paiement unique par exploitation » qui est très différent de ce qui se faisait par le passé. Cette politique a deux modèles de référence. Tout d’abord, le modèle d’origine, celui des droits historiques, basés sur les droits antérieurs de chaque exploitant, ce qui signifie que les riches restent les riches, mais qu’ils n’ont pas besoin de produire de manière aussi intensive, et qu’ils bénéficient d’un revenu lié à la propriété de leur terre. Et nous avons un modèle que je dirais plus découplé, mais que j’appellerais aussi plus moderne et plus intéressant, qui est celui du paiement unique par hectare pour tous les producteurs d’une même région. Ce dernier principe devrait conduire de fait à une redistribution réellement significative des aides entre les exploitations, spécialement depuis les éleveurs de bovins et d’ovins vers les exploitants spécialisés en productions végétales.

Tous ces changements sont accompagnés de « nouvelles exigences » et ont pour conséquence d’introduire des coûts additionnels pour ceux des producteurs qui vont s’engager dans des systèmes de production répondant aux faveurs du public. Cette évolution est symbolisée par le terme de « conditionnalité », qui est encore un nouveau terme sans définition claire - ce qui pose un réel problème d’explication de la part des politiques un an après que la réforme ait été mise en place. Cependant, ces « nouvelles exigences » vont peser fortement sur le secteur de l’élevage. A moyen terme, une autre échéance est la fin du régime des quotas en tant qu’instrument politique : ceci devrait intervenir dans dix ans. Il y a aussi la fin invisible des subventions à l’exportation, ce qui signifie la fin des systèmes d’intervention sur les marchés, qui, d’une certaine manière ont permis durant cinquante ans de maintenir les prix à un niveau protégé par rapport à celui des prix du marché mondial. La dernière évolution significative, importante pour l’élevage européen, est celle de la politique du développement rural. De nouvelles mesures, avec un doublement du budget, mais aussi de nouveaux concepts, sont proposés par la Commission Européenne. Ceci devrait constituer la véritable réforme de la politique agricole européenne. Cependant, quelqu’un qui a un regard extérieur pourrait comprendre qu’elle est plus orientée en fonction des peurs du public concerné dans les cinq ou six pays les plus riches de l’Union Européenne qu’en fonction des intérêts de l’agriculture de l’Europe à 25 dans son ensemble.

Finalement, tous ces changements vont se traduire par de « nouveaux défis économiques » pour les productions animales en Europe. Premièrement, on n’envisage pas de modifications concernant le niveau global de consommation. Nous aurons plus ou moins une stagnation voire une faible augmentation pour le secteur des productions animales dans son ensemble. Cependant, les tendances antérieures telles que le transfert de la consommation de viande rouge vers les viandes blanches, c’est-à-dire d’une viande grasse vers une viande « sans cholestérol », auront des impacts significatifs. Ceci est tout particulièrement vrai pour les nouveaux pays membres, dont le pouvoir d’achat va évoluer à partir d’un niveau de revenu relativement bas, ce qui devrait se traduire par une augmentation de la consommation de tous types de viande et de produits laitiers.

Ensuite, les producteurs vont devoir faire face à de très importants changements du niveau des prix dans l’Europe à 25. Nous pouvons prévoir une diminution du prix du lait : avec les paiements découplés, en fait, l’intérêt du lait du point de vue du revenu pour les exploitants va réellement s’effriter. Ceci pourrait conduire avoir pour conséquence un renouveau d’intérêt pour l’élevage bovin à deux fins. Pour le secteur de la viande, des modèles prévisionnels réalisés par des groupes d’experts prédisent une diminution du prix du porc payé au producteur, mais on peut aussi retenir l’hypothèse d’une augmentation pour les bovins et les volailles.

Enfin, pour le niveau de production, nous pouvons également dire que la production de lait, dans l’ensemble de l’Europe à 25, subira une baisse plus ou moins importante au cours des dix prochaines années, plus sensible dans les nouveaux pays membres où les entreprises laitières et les élevages et ne sont pas en bonne situation de compétitivité par rapport aux anciens pays. Puis, nous aurons une diminution significative de la production de viande de bœuf comme conséquence du découplage. Nous aurons une diminution de la production de viande de porc particulièrement dans les nouveaux états membres. C’est peut-être dans le secteur des volailles que les nouveaux Etats peuvent espérer avoir une situation plus favorable en matière de productions animales.

Pour conclure, il y a comme l’a dit Alain Pouliquen, plus ou moins une amorce de bipolarisation, de « dualisation » de l’agriculture et de ses systèmes de production : d’une part, des exploitations agricoles de grande taille, industrielles et très compétitives, qui peuvent faire vraiment des affaires dans le secteur de l’élevage ; de l’autre, nous aurons de plus en plus de régions où les fermes de subsistance vont être soumises à de fortes pressions, et où la pauvreté va progresser... Si je conclus à nouveau dans un état d’esprit cynique, que dans certaines régions d’Europe nous pourrions avoir des évolutions similaires à celles que nous observons chez nos cousins américains, ou comme ce que nous avons vu au Portugal après l’intégration à la Communauté Européenne. Ceci veut dire de grandes disparités, et seulement quelques exploitations et systèmes de production qui auront à gagner avec de telles évolutions provenant de la « quasi réforme » de la politique agricole.

Alain Pouliquen

Rappelons d’abord que la construction institutionnelle et structurelle du modèle de l’Union Européenne à 15 a bénéficié de conditions macroéconomiques, sociales et politiques exceptionnellement favorables depuis les années 50. Depuis 1990, les conditions beaucoup moins favorables des PECOs et leur héritage structurel du système antérieur ont généré les développements suivants, dans des proportions très différentes selon les pays :1°) conservation ou large extension du secteur des micro et petites exploitations de subsistance et semi-subsistance : 2°) résistance partielle et consolidation graduelle de macro-exploitations sociétaires issues des anciennes fermes collectives et d’Etat, et de leurs unités animales après leur décapitalisation initiale ; 3°) émergence d’un secteur minoritaire de grandes exploitations individuelles, de type communautaire, principalement issu du secteur sociétaire : mais globalement ce troisième secteur tend à se spécialiser en grande production végétale, avec une densité animale par hectare relativement faible...En conséquence le dualisme structurel reste plus marqué en production animale qu’en production végétale. Pourtant nous reviendrons plus loin dans notre débat sur la production laitière où semble apparaître, très, sélectivement, une minorité de fermes professionnelle de type communautaire, notamment en Pologne et Lituanie.

Que peut-il arriver dans l’avenir ? Dans un premier temps il y a des raisons de prévoir la continuation des tendances actuelles, c’est-à-dire d’un côté l’exclusion graduelle de l’offre du secteur de semi-subsistance des principaux circuits agroalimentaires, et, d’un autre côté, l’émergence hautement sélective de fermes individuelles professionnelles en production animale. Pourtant il convient de modérer ou dédramatiser quelque peu les conséquences sociales et structurelles du recul du secteur de semi-subsistance sur les marchés. En effet, l’accès croissant aux aides des « deux piliers » de la PAC facilitera la résistance de ces secteurs. Par ailleurs dans une large part de ce secteur les revenus familiaux sont très majoritairement d’origine non agricole : transferts sociaux (principalement les pensions de retraite), migrations « pendulaires » (quotidiennes ou hebdomadaires) vers des emplois urbains, et migrations saisonnières vers les pays de l’UE-15, avec rapatriement d’une part des salaires dans les familles. C’est une autre voie de résistance. Y contribueront aussi l’autoconsommation, certaines spécialités fortement utilisatrices de travail, les ventes directes locales, et divers types d’ « agriculture organique » (biologique, fermière...).

En ce qui concerne les macro-exploitations sociétaires, il est difficile d’entrer ici dans une analyse fine de leurs perspectives économiques. Mais globalement il est certain qu’elles tireront des avantages compétitifs (économies d’échelle dans la production et dans la commercialisation) de leurs grandes structures, et - après amélioration de leur productivité- de leurs faibles coûts horaires du travail. De plus leurs formes sociétaires peuvent fournir des solutions aux problèmes croissants de succession qu’affrontent les exploitations familiales ouest-européennes. Mais elles ont aussi leurs faiblesses. Je pense notamment à la protection légale insuffisante de l’usage durable de leur base foncière, donc fourragère, généralement louée, contre son rachat ou sa reprise en location en grands blocs par des individus ou des holdings extérieurs. En effet de tels transferts de terres se traduisent généralement, jusqu’à présent, par une spécialisation accrue en production végétale, aux dépens de la production animale. De plus cet effet pourrait bien être amplifié par le système simplifié d’aide directe par hectare, découplé de la production effective, et par ses compléments transitoires (« top ups ») souvent recouplés aux superficies consacrées aux grandes cultures.

Enfin la difficulté d’émergence de l’agriculture professionnelle intensive, particulièrement dans l’élevage, est essentiellement due au fait que ces pays ne sont pas en position de construire vite et massivement le cadre institutionnel et agro-industriel qui a conditionné le développement de ce type d’agriculture et d’élevage dans l’UE-15 depuis les années 60. Mais des dynamiques récentes, dans certaines filières, notamment la branche laitière, rendent très plausible une relance des productions animales dans ces pays, au moins à long terme.

Franz Ellendorff

Le terme « durabilité », sur lequel on insiste lourdement aujourd’hui, appelle une attention particulière en élevage, avec le souci de corriger une hypothèse erronée qui consiste à dire que l’élevage extensif constitue le modèle qui lui répond le mieux.

De manière générale, la durabilité consiste à rapporter les actions d’aujourd’hui à leurs conséquences futures. Un numéro spécial de « Nature », il y a quelque temps (Nature 418, 667-707, 2002), a été consacré à ce thème. On peut retenir la définition suivante, courte mais précise : « L’élevage et l’agriculture durables impliquent l’efficacité la plus élevée possible avec les conséquences négatives les plus réduites possibles pour le futur ». Je pense que cette définition constitue une bonne référence pour les activités d’élevage, à mettre en rapport tout spécialement avec une idée qui progresse de manière unilatérale selon laquelle les systèmes extensifs sont la solution pour l’environnement et pour la conservation des ressources naturelles. L’efficacité la plus élevée possible avec le moins de dommages possibles pour l’environnement, je sais évidemment que ceci ne peut s’appliquer à toutes les situations géographiques en Europe. Les sols, les conditions du milieu, etc., doivent évidemment être pris en considération. Pour éclairer ceci, je voudrais vous donner trois exemples, un chez les vaches laitières, un chez les porcs, et un chez les volailles.

En vaches laitières : Ici, on considère que la demande en lait se maintient globalement au même niveau (en ne prenant pas en considération les changements qui vont intervenir dans les comportements alimentaires dans des pays tels que la Chine et l’Inde). Si vous comparez une vache à 4.000 kg de lait par an et une vache à 2.000... D’abord, vous n’aurez besoin que d’une vache à 4.000 au lieu de deux à 2.000 pour produire la même quantité de lait. L’efficacité alimentaire est basée largement sur les besoins d’entretien qui sont plus élevés avec deux vaches qu’avec une seule. Les déjections sont à un niveau moindre avec une vache qu’avec deux vaches. Et il y a une différence considérable en excrétion de protéine et de phosphore si vous considérez la production totale.

Le porc : Si nous considérons un gain moyen quotidien à l’engraissement de 570 g comparé à un gain de 630 g, nous avons besoin d’une quantité supérieure d’aliments de 22 kg ainsi que de 65 kg d’eau. Si nous considérons que la disponibilité en eau est limitée dans de vastes régions du monde, et même dans certaines régions d’Europe, on comprend que ce besoin supplémentaire peut avoir un impact réel sur les ressources naturelles.

Les volailles, finalement ... Si nous comparons les systèmes hautement intensifs (hors-sol) avec des systèmes faiblement intensifiés, alors le rendement alimentaire est respectivement de 1,76 kg et 2,8 (selon mes propres observations) ; 50% du phosphore fourni est excrété dans le système intensif et 67% dans le système faiblement intensifié. Des profils similaires sont observés pour les autres composants. Le bilan en termes de ressources est évident. De plus, si vous admettez que 10% de la production totale de poulets de l’Europe à 15 provient de systèmes faiblement intensifs, ceci signifie un besoin de 63.000 tonnes supplémentaires d’aliments par rapport aux systèmes fortement intensifiés.

Ces trois exemples montrent que les systèmes à faible niveau d’intensification ne sont pas nécessairement « durables » et ne correspondent pas à un bon usage des ressources. Et quant à la sécurité sanitaire des aliments, je pense que les mécanismes mis en œuvre par les diverses Agences aux niveaux des pays et à l’intérieur de ceux-ci garantissent le résultat à un niveau inégalé dans le monde.

Klaus Meyn

Si vous regardez le secteur de l’élevage en Europe Centrale et de l’Est dans les pays qui ont accédé à l’Union Européenne, les trois principaux domaines des productions animales ont des indices d’efficacité qui se situent seulement aux trois-quarts de ceux de l’élevage dans les pays de l’Europe à 15. La différence est énorme. Je sais bien que du fait des prix plus bas, l’intensité de la production dans ces pays n’est probablement pas aussi élevée que dans les pays d’Europe Occidentale. Mais il y a un facteur qui explique principalement cette différence, c’est le niveau énorme d’intrants alimentaires, tout particulièrement si ces aliments sont chers, comme c’est le cas pour la production porcine : cet élevage n’est pas assez performant, de même que celui des vaches laitières et celui des bovins à viande. Mais maintenant, comme les pays Baltes l’ont déjà éprouvé cet été, les règles du jeu sont devenues totalement différentes. Si vous vous rapprochez du niveau des prix du lait des pays de l’Union Européenne, vous pouvez avoir une approche plus intensive de l’alimentation et cela aura probablement des conséquences. Mais je pense, que malgré les coûts de main-d’œuvre qui sont relativement bas dans la plupart des nouveaux pays, le problème est celui du niveau insuffisant de productivité. Et comme les bonnes technologies de l’élevage sont connues, il faut se demander comment réaliser de meilleurs régimes alimentaires, de meilleurs programme d’amélioration génétique, de meilleures conditions d’habitat et de conduite, se demander aussi quelles sont les meilleures voies possibles de transfert par la formation et la vulgarisation et, si c’est vraiment nécessaire, par l’expérimentation et par la recherche.

Je voudrais insister sur un second point, celui de l’ensemble de la filière de production. Nous avons découvert qu’au sein des pays de l’Union Européenne à 15, l’existence de certains réseaux organisés de production permettent de réduire les coûts de production de façon importante et d’obtenir que l’ensemble du système est plus performant. Je veux dire que si vous avez une certaine densité des unités de production dans le territoire, vous obtenez des coûts d’intrants plus bas, vous abaissez aussi les coûts de commercialisation, avec un retour positif pour les producteurs qui en bénéficient.

Après ces courtes considérations, je veux en venir à la question de la compétitivité. Examinons d’abord les conditions naturelles, avec ses conséquences sur le potentiel de production d’aliments pour le bétail. Il est évident que les conditions de pâturage dans pratiquement tous les nouveaux pays de l’Union Européenne ne sont pas aussi favorables que dans les pays proches des côtes Atlantiques et de la Mer du Nord. Ainsi, non seulement ils ne sont pas en bonne position quant à leur compétitivité, mais probablement leur potentiel de production fourragère sur les terres cultivées n’est pas pleinement exploité et appelle de nouveaux développements. De même, on peut considérer les possibilités de progression pour l’alimentation en grains des animaux, et j’évoque ici spécialement la production de maïs grain dans les plaines du Pô ou dans les pays du sud qui offrent des bases très importantes pour le futur de l’élevage.

Les besoins en bâtiments d’élevage constituent un autre point. Les coûts par animal logé dans les nouveaux pays sont plus bas du fait des coûts plus faibles de la main-d’œuvre et du matériel. Mais, si vous faites la comparaison avec un éleveur en Irlande, vous avez besoin de conditions d’habitat meilleures. Les bâtiments d’élevage doivent être plus solides en rapport avec le climat.

Du point de vue des structures d’exploitation maintenant - Alain Pouliquen a déjà insisté sur cet aspect - il y a beaucoup de petits producteurs familiaux pour lesquels l’efficacité du travail est insuffisante et, malheureusement, il y a aussi beaucoup de grandes structures d’élevage dont les conditions de gestion ne sont pas au niveau voulu, et ceci contribue aussi à réduire la compétitivité. Il faut avoir en tête que nous avons, à l’échelle mondiale, principalement dans le secteur laitier, une tendance lourde à l’accroissement de la taille des troupeaux. Si vous allez en Nouvelle-Zélande ou aux Etats-Unis, et également dans les anciens pays de l’Union Européenne, vous observez cette évolution jour après jour.

Ainsi, globalement, les territoires des nouveaux pays de l’Union Européenne sont compétitifs du fait des coûts de production moins élevés mais, il faut faire très attention, des efforts sont indispensables pour améliorer cette compétitivité ou même pour la maintenir.

Enfin, il faudrait parler de l’autre volet de la chaîne alimentaire, c’est-à-dire de la commercialisation. Le développement des liens est nécessaire pour accéder à de nouveaux marchés. Mais un problème crucial est celui de la défense des marchés nationaux ici. L’autre problème est comment s’introduire sur les marchés des anciens pays de l’Union Européenne.

3. BENEFICES POSSIBLES ET COUTS DE CES CHANGEMENTS, RISQUES ET PEURS AUXQUELS LE SECTEUR DE L’ELEVAGE DOIT FAIRE FACE

Emil Ervajec

Je pense que jamais nous n’avons été confrontés à une situation telle que trois facteurs déterminants pour l’agriculture - à savoir : l’intérêt du public et ses valeurs, les systèmes de production mis en œuvre, la recherche zootechnique - sont aussi éloignés les uns des autres. L’intérêt du public et ses valeurs sont en ce moment très « naïfs » et idéologiques : « biologique », « végétarien », « développement durable »... Mais ils ne concernent pas directement et concrètement les problèmes des territoires ruraux et de l’agriculture. Nous sommes vraiment loin d’une nouvelle conception de la politique agricole. Je souhaite que la phase de réforme actuelle ne soit pas définitive mais, au contraire, ouvre une nouvelle phase de changements. Les exploitants agricoles, qui sont encore marqués par l’option productiviste, ne perçoivent pas que les changements qui interviennent dans les vues du public et dans les préoccupations de la société, ont un faible impact sur eux. Ils aimeraient rester dans l’optique où ils produisent sans que cela perturbe la société. Dans le développement des systèmes de production, une nouvelle manière de voir, plus étroitement liée aux attentes du public, est plus indispensable que jamais.

La difficulté c’est que la recherche zootechnique classique ne comble pas cet écart : que ce soit au niveau national ou au niveau de l’Union Européenne, vous ne trouvez plus les domaines classiques des sciences zootechniques telles que nutrition, reproduction, sélection... Aujourd’hui, on ne parle plus que de biologie appliquée, de biotechnologie, etc., et d’autres choses dites « modernes ». Je voudrais dire que ces secteurs sont d’abord orientés en fonction d’eux-mêmes, pour produire de la science, mais qu’ils n’apportent aucune valeur ajoutée aux systèmes de production existants, et qu’ils n’assurent pas de connexions entre les préoccupations de la société et les orientations des éleveurs. Certes, ce n’est pas une obligation pour la recherche, mais qui assume la responsabilité du futur des systèmes de production et du progrès technologique ? Donc, nous avons besoin aussi de réorienter la recherche, de concevoir de nouveaux programmes de recherche zootechnique - ce qui veut dire de manière hérétique moins de génétique, mais une approche plus heuristique, et de nouvelles valeurs... D’accord, ceci est également « naïf ».

Franz Ellendorff

Je voudrais dès à présent poser une question. A propos des préoccupations du public, de ce que l’on appelle l’opinion, je voudrais identifier trois points. Il y a un premier sujet de préoccupation, réel, que je ressens comme tel, qui est celui du manque d’information. Ensuite, vous en avez un second qui est probablement de nature opportuniste : « Je suis intéressé parce que je peux gagner des parts de marché ». Et la nature du troisième type de préoccupation est celle du pouvoir. L’opinion réagit en disant quelque chose comme suit : « J’ai un problème avec la législation Européenne qui dit que... », que ce soit vrai ou non, nous savons combien des préoccupations de cette nature ont du poids. Etes-vous d’accord avec ça ?

Emil Ervajec

Je suis d’accord avec le fait que nous vivons dans un monde très bureaucratique et très politique. Et que personne ne comprend réellement ce qui se passe. Et que chaque point de vue pose le problème d’être compris ou non par un autre. Qu’est-ce que l’opinion ? Je pense que ses ressorts sont largement de nature politique et émotionnelle. La source est dans le débat public où puisent les politiciens... et finalement nous voyons que tout ceci est irrationnel. Que c’est contre l’esprit logique et scientifique... Mais qu’est-ce que je peux y faire ? Je pense que la recherche zootechnique doit faire face à une demande croissante provenant de ses nouveaux rapports à la politique. Mais parfois, nous devons également repenser nos propres règles et nos obligations.

Alain Pouliquen

Bien sûr il y a la nécessaire amélioration de productivité. Atteindre seulement la moitié de la productivité du travail agricole moyenne de l’Europe à 15 impliquerait la disparition d’environ 4 millions d’emplois agricoles à l’échelle des dix PECOs nouveaux membres et prochains entrants (Roumanie et Bulgarie). Mais les processus réels ne suivront pas ce scénario catastrophique - qui pourrait frapper plus aisément l’industrie - parce que le « secteur » qui est ici impliqué n’est en fait que partiellement « agricole ». Nous devons bien réaliser qu’une grande partie des agriculteurs relevant du mode de subsistance et de semi-subsistance obtiennent, je le répète, une large part de leurs revenus familiaux à l’extérieur de leurs exploitations, ce qui permet à une large part de leur emploi agricole sous productif de résister durablement, comme seule alternative au chômage. Bien entendu, ceci n’exclut pas les cas d’appauvrissement, dans certaines régions de l’est de la Pologne par exemple, quand les revenus non agricoles des familles concernées ne sont pas suffisants pour compenser leur exclusion de la collecte de lait, qui a résulté de la fermeture récente de laiteries et abattoirs, incapables d’atteindre les normes sanitaires de l’UE. Dans ces régions notamment, il y a et il y aura clairement un problème réel. Mais en même temps nous entendons parler de migrations saisonnières d’agriculteurs de ces régions vers des emplois à l’ouest de l’Europe, par exemple pour la cueillette de pommes en Allemagne. Ceci ne nous autorise pas à nier le problème, mais nous ne devons pas le considérer globalement comme aussi catastrophique qu’à première vue.

L’accès à l’ensemble des aides communautaires (aides directes, développement rural, certains volets des fonds structurels) contribuera aussi beaucoup à la survie durable du secteur de subsistance et de semi-subsistance. En effet les aides directes de base, croissant de 25% du niveau de l’UE-15 en 2004 à 100% en 2013, transitoirement complétées par les « topups » nationaux de 35%, ne seront pas une ressource négligeable pour les familles paysannes de nombreuses régions. Une raison est que le pouvoir d’achat d’un Euro en biens de consommation y est double ou triple de ce qu’il est dans l’UE-15, en France par exemple.

On évoque aussi, bien souvent, le potentiel de l’agriculture dite « organique » pour les petites exploitations de ces pays. Il me semble quelque peu exagéré, car on sous-estime souvent la nécessité de l’organisation collective efficiente de ce type de production, pour pleinement valider ses qualités particulières sur ses marchés potentiels à haut pouvoir d’achat, qui sont essentiellement en Allemagne et plus généralement dans l’ex-UE15. Toutefois la croissance de ce segment - encore extrêmement minoritaire - est déjà clairement amorcée. Ce sera donc aussi une voie de résistance pour une petite minorité d’exploitations.

Enfin il faut garder à l’esprit le « fait têtu » que - du fait du chômage global - beaucoup d’agriculteurs des PECOs n’ont tout simplement pas d’alternative à la survie sur le mode de l’agriculture de subsistance ou semi-subsistance, et que, dans ces conditions, garder leur terre correspond à une logique patrimoniale rationnelle.

Au total, si on prend en considération cette contrainte et toutes les ressources d’une résistance prolongée de l’agriculture de subsistance et semi-subsistance, il est tout à fait plausible que - contrairement à l’histoire précédente de l’UE-15 - une part importante (par exemple 25%, voire davantage) des terres agricoles de certains nouveaux et prochains pays membres restent durablement occupées par ce secteur, malgré le déclin de son revenu agricole. Après tout, vu l’abondance relative de terres par habitant dans la plupart de ces pays, ce pourrait être un meilleur usage de ces terres, aux plans social et macroéconomique, que la généralisation à tout prix de l’agriculture et de l’élevage intensifs. Les précédents minoritaires de l’UE15, notamment au nord du Portugal et dans certaines régions montagneuses, illustrent les bénéfices globaux d’une telle résistance « multifonctionnelle », adéquatement soutenue, pour la préservation de la vie et du patrimoine ruraux.

Franz Ellendorff

Klaus Meyn, du point de vue des territoires ruraux, voyez-vous quelques dangers ou quelques avantages liés à l’élargissement, et comment les prendre en considération dans leurs rapports avec le volet production ?

Klaus Meyn

Un des domaines qui semblait offrir les meilleures chances de développement c’est le lait, mais cette production est soumise au régime des quotas. Ce qui signifie qu’il y a une limitation aux possibilités de développement. L’autre domaine de compétitivité où il y a réellement beaucoup de personnes impliquées est celui de l’élevage porcin. Nous devons en discuter. Et il y a peut-être aussi des possibilités pour la production de viande bovine. Quant à la production de volailles, il s’agit d’une activité très standardisée, pour laquelle l’effet d’échelle constitue un facteur qui agit partout dans le monde. C’est pourquoi la production de volaille ne mobilise que peu de main-d’œuvre. Son niveau de performance est le même partout, avec une progression de sa production - la production de viande de volaille progresse à l’échelle mondiale - c’est son évolution naturelle. La viande de volaille est la moins chère, et en conséquence sa part dans la production est de plus en plus grande. La viande de porc maintient sa contribution et celle de la viande de bœuf est en diminution. Il s’agit d’évolutions à l’échelle mondiale.

Voilà pour les bénéfices et les coûts. Mais si nous nous tournons vers les risques, sur lesquels Alain Pouliquen a apporté de nombreux éléments, nous prenons en considération les questions des gens et de la possibilité de faire en sorte que le maximum d’entre eux bénéficient de ces évolutions. J’ai dit que le porc et le lait sont probablement les activités qui sont les plus intensives en ce qui concerne la main-d’œuvre, et c’est pourquoi c’est là qu’il faut mettre en œuvre les dispositifs les plus adaptés pour maintenir autant de population que possible. L’intérêt réside là dans le fait que ces filières nécessitent beaucoup de monde à tous les niveaux. Par exemple, si un des nouveaux pays veut pénétrer les marchés des pays de l’Europe occidentale, il doit réaliser une parfaite maîtrise de sa production et donc mobiliser la main-d’œuvre nécessaire, ce qui va avoir pour conséquence une augmentation du coût de production, mais c’est la seule chance pour pénétrer le marché. Comme le coût de la main-d’œuvre est beaucoup moins élevé, vous êtes moins chers pour faire le même travail que, par exemple, dans le contexte de l’Allemagne.

Emil Ervajec a déjà dit quelque chose que je considère très important... J’admire ce qu’ont fait les Slovènes, comment ils ont défini leur politique dans la perspective de leur accession comme pays membre de l’Union Européenne. Ils semblent être parvenus à en maximiser les bénéfices. Et je le crois en me référant aux nouvelles décisions qui ont été prises au niveau de Bruxelles. Il y a cependant une question qui reste ouverte : y-a-t-il un futur pour l’élevage des vaches allaitantes, ou bien est-il plus correct de penser aux races à double fin ? Les vaches de type mixte en effet ont une production individuelle de lait moins élevée, mais elles produisent un veau lourd, que rechercheront les engraisseurs européens, dans votre propre pays ou dans un pays d’Europe de l’ouest, et ainsi vous pourrez maximiser le revenu de l’élevage bovin dans le cadre de la politique des quotas.

Franz Ellendorff

J’ai une autre question. Est-il vrai, que pour les situations où la terre est un facteur limitant, ce qui est le cas de la plupart des petits exploitants en nombre important dans pratiquement tous les nouveaux pays membres... il serait intéressant pour eux qu’ils adoptent des productions qui seraient plus indépendantes du sol, telles que l’élevage intensif de volaille ou de porc ? Peut-on dire que cela pourrait être une chance pour eux ? Il y a tellement de main-d’œuvre familiale sous-employée dans ces régions où ils ne peuvent pas trouver la terre dont ils ont besoin.

Alain Pouliquen

Paradoxalement les productions animales (avicoles et porcines) « hors-sol », ou semi hors-sol (fortement dépendantes d’achats fourragers), sont beaucoup moins développées dans les nouveaux et prochains pays membres que dans l’Union Européenne à 15. On n’y trouve pas encore des bassins régionaux spécialisés dans ces productions, comme en Hollande ou en Bretagne, mais seulement quelques amorces de telles réalités. C’est un paradoxe car ce pourrait être une solution, par exemple en Pologne, pour contourner l’obstacle de structures foncières très fragmentées, comme cela a été historiquement le cas dans les bassins spécialisés de l’Union Européenne à 15. D’autant plus que dans plusieurs PECOs, il y a surabondance de candidats potentiels parmi les jeunes agriculteurs actuellement sous-employés et mal employés. Pourquoi donc un si faible développement relatif en 13 ans d’économie de marché ? Je ne vois pas d’autre explication essentielle que la faiblesse de l’environnement agro-industriel requis en amont et en aval de l’élevage intensif, outre celle de l’organisation collective des producteurs. En Bretagne par exemple il y a eu une synergie évidente, durant 40 ans, entre l’explosion de l’élevage intensif - plus ou moins hors-sol - et le développement graduel d’un puissant système régional, coopératif et privé, d’industries des aliments concentrés, d’abattage et découpe, de laiteries, de sélection animale et végétale, de transports spécialisés, de groupements de producteurs, syndicats et conseil spécialisés, etc. Dans les nouveaux pays membres, l’émergence graduelle de tels systèmes est et sera stimulée par un fort potentiel de rentes différentielles de productivité, de bas coût de main d’œuvre, et de proximité de marchés en expansion, qui attireront des investissements et du savoir-faire d’opérateurs ouest-européens (par exemple danois). Mais une telle construction prendra du temps. Dans une première phase en cours, elle ne s’engage que très sélectivement dans certaines conditions locales favorables.

Emil Ervajec

Je ne suis pas d’accord que les petites exploitations disposent d’un réel potentiel de développement pour le futur. Elles sont inséparables de contraintes très fortes de nature humaine particulièrement dans les nouveaux pays membres : les propriétaires de ces petits élevages sont âgés, avec un niveau d’éducation bas et une faible capacité d’initiative, et ces élevages ont d’abord une fonction de subsistance. Je pense que le développement va se faire dans le sens des plus grandes structures d’exploitation, certaines sur un mode très extensif avec des fonctions d’aménagement du territoire, et d’autres organisées sur un mode industriel. Mais je ne vois pas de possibilité pour le développement de l’élevage dans de petites unités tout particulièrement dans les nouveaux pays membres.

Klaus Meyn

Je voudrais souligner l’intérêt de la production laitière comme étant la plus adaptée pour les petits propriétaires, parce que c’est la forme la plus intensive du point de vue du travail. Le seul défaut est que les exigences concernant la qualité du lait sont devenues si contraignantes que très souvent les petits éleveurs, qui ne peuvent pas les satisfaire, abandonnent. Mais cette production est plus adaptée aux petites structures que la production porcine. Les éleveurs de porcs qui ont réussi sont ceux qui ont eu un développement rapide et ils vont devenir de gros producteurs... Je pense que nous devons avoir ça en tête. Mais si vous avez besoin de terre, je pense qu’il y a une autre possibilité qui mérite d’être envisagée. Pourquoi ne pas développer un marché du foncier dans les territoires ruraux vivants tel que la terre n’a pas besoin d’être achetée mais peut être louée ? Ce serait une approche moderne pour beaucoup de ces pays.

Alain Pouliquen

C’est une parfaite illustration de ce que j’ai mentionné à propos de l’inadéquation du cadre légal et institutionnel dans le cas de la politique foncière. Mais dans ce cas nous touchons une réalité sociale et politique : dans plusieurs pays nouveaux membres importants, la population concernée par l’agriculture, principalement les petits propriétaires fonciers, est très nombreuse. Son poids électoral est donc important et elle a joué un rôle-clé dans les coalitions gouvernementales, notamment en Pologne et en Hongrie. Ce n’est donc pas par hasard si tout projet visant à donner plus de sécurité aux locataires de terres, de manière analogue au « Statut du Fermage » en France (baux de 9 ans au minimum, généralement renouvelables), s’y heurte - à mon avis très logiquement - aux représentants des petits propriétaires, dont l’immense majorité est sans avenir dans l’agriculture professionnelle. De plus ces derniers ne veulent pas voir les dirigeants des grandes exploitations ex-collectives ou ex-étatiques devenir de grands propriétaires fonciers, ou des quasi-propriétaires par le biais de locations durablement consolidées. Pourtant cette consolidation du fermage est cruciale pour l’avenir économique des grandes exploitations professionnelles et sociétaires.

Emil Ervajec

Je pense que le marché des terres locatives est une idée magnifique mais est aussi une illusion parfaite. Pour que ce système soit efficace vous avez besoin d’un Etat bien organisé, moderne et efficace. Ce n’est pas le cas des nouveaux Etats membres, et ce n’est pas le cas dans la majorité des anciens Etats. Donc je pense que théoriquement, d’accord, mais en pratique non !

4. LE ROLE ET LES QUESTIONS DE LA RECHERCHE ZOOTECHNIQUE

Franz Ellendorff

Nous abordons maintenant le dernier sujet : quels sont les enjeux concernant la recherche scientifique, quel est le rôle et les finalités de la recherche zootechnique ? Nous avons déjà identifié un thème important : nous avons besoin de solutions créatives. Je voudrais demander aux membres du panel qu’elle est leur position à propos des futurs besoins de la recherche zootechnique, pas seulement en reproduction et sélection, mais en sciences animales en général.

Emil Ervajec

Je pense que nous pouvons distinguer les possibilités de la recherche zootechnique selon que l’on envisage les anciens et les nouveaux pays membres. Et je considère que l’âge d’or des sciences zootechniques fait partie du passé dans les anciens membres, mais nous avons besoin d’une réorientation beaucoup plus systémique, comme je l’ai mentionné avant, dans le sens d’un nouveau partenariat entre les chercheurs et entre les disciplines, avec plus d’intérêt pour l’environnement, plus d’intérêt pour les nouveaux systèmes de production en rapport avec les nouveaux sujets de préoccupation du public. Cependant dans les pays nouveaux membres, j’accorde plus d’intérêt à la recherche technologique dans lesquels, à mon avis, il faut que la recherche zootechnique soit mise au niveau voulu. Je pense qu’il est dangereux que nous ayons dans la partie occidentale de l’Europe une recherche zootechnique très riche en termes de moyens, et que nous restions si peu organisés, avec si peu de moyens et des ambitions réduites dans les pays nouveaux membres. Je pense qu’il est souhaitable, et j’aimerais le voir dans le futur, que soient créés de nouveaux centres de recherche zootechnique, dans le cadre d’organismes modernes. Je ne vois pas pourquoi l’INRA, parce que je sais qu’il y a beaucoup de moyens en France, alors que l’on dit que « tout est maintenant connu » - je fais de la provocation - je ne vois pas pourquoi l’INRA ne créerait pas quelques centres de recherche en Pologne, ou bien le Forschungsgemeinschaft allemand en Hongrie. De même avec des centres de formation. Nous devons développer les productions animales et la recherche zootechnique dans les nouveaux pays membres.

Mais finalement, je voudrais dire que nous devons finir de parler de la division entre les anciens et les nouveaux membres, entre l’ouest et les autres, etc. Je pense que nous devons parler de recherche zootechnique en Europe et je pense que le problème de la production laitière moins performante en Pologne est le problème de l’Europe tout entière et pas seulement le problème de la Pologne ou des pays d’Europe Centrale.

Alain Pouliquen

Il me semble que tout notre débat illustre bien la prise en compte par la recherche de l’approche en termes de systèmes d’élevage, une conception qui prend en compte la complexité des déterminations et des interrelations en jeu dans les conditions qui sont celles des nouveaux pays membres. C’est ma seule remarque en tant qu’économiste, non chercheur en zootechnie.

Klaus Meyn

Je ne voudrais pas trop insister sur la recherche technologique - nous avons d’abord besoin de formation et de vulgarisation, parce que beaucoup de choses sont connues de par le monde, et que nous n’avons pas tellement besoin de nouvelles technologies. Cependant nous avons un énorme déficit de connaissances dans des domaines qui sont relativement nouveaux : le bien-être animal, ou les pollutions, ou les effets induits par certains facteurs. Ainsi par exemple, je peux vous parler de recherches sur le bien-être animal qui ont été financées par notre organisation, relatives à certaines règles de l’Union Européenne auxquelles il faut se conformer pour le transport des animaux. Notre organisation rassemble de très nombreux éleveurs producteurs d’animaux reproducteurs qui exportent des génisses pleines. Et nous avons constaté que les règles à respecter étaient pour certaines d’entre elles totalement erronées. Ainsi, il faut faire descendre les animaux puis les faire remonter après un certain temps de repos. A la descente du moyen de transport, il y a un premier stress que ne subissent pas les animaux qui restent dans le camion, et ensuite dans les lieux de repos les animaux se transmettent certaines maladies. Ainsi, je considère que nous avons un besoin de fondements scientifiques plus solides, ceux qui devraient être à la base des règlements à respecter.

Franz Ellendorff

Une priorité pour la recherche me semble résider dans l’approche globale des systèmes de production plutôt que sur des composantes élémentaires. Une telle approche me paraît particulièrement intéressante dans le contexte de l’Europe à 25. Il ne s’agit pas uniquement des chercheurs sur les productions animales : les chercheurs sur les végétaux, les économistes, les nutritionnistes et probablement aussi les sociologues doivent être sollicités pour effectuer l’évaluation de l’impact des systèmes d’élevage sur les animaux eux-mêmes, sur l’environnement et sur les populations rurales.

Le premier champ que nous devons couvrir est celui de l’analyse des systèmes existants, particulièrement ceux qui sont considérés comme étant en pointe, quelles que soient les raisons - politiques ou autres - ou ceux qui se situent dans la ligne des évolutions tendancielles. La perception du public de certains systèmes de production est plutôt indifférente dans certains cas et négative dans d’autres. L’objectif consiste à apporter une information objective à la population et en même temps alerter les producteurs sur les problèmes existants et leur fournir des éléments susceptibles d’améliorer leurs systèmes de production. Les dimensions géographiques, topographiques, climatiques et autres nécessitent d’être pris en considération et doivent être situés au sein d’une étude analytique d’ensemble.

Nous avons réalisé une étude modèle dans cette optique avec la production, de poulets. Des résultats significatifs ont été obtenus sur la qualité des produits et sur la capacité des consommateurs à distinguer des produits provenant de systèmes de production différents. C’est pourquoi l’approche interdisciplinaire pour l’analyse des systèmes de production, avec la préoccupation de les améliorer, constitue une tâche majeure. Les résultats peuvent conduire également à mieux comprendre les raisons du succès dans certaines parties de l’Europe ou même dans certaines régions, et pourquoi certains systèmes de production ne sont pas viables dans les conditions concrètes de leur mise en œuvre. Nous pouvons avoir des situations qui sont favorables à des systèmes hautement intensifs, et d’autres à des systèmes faiblement intensifiés ; vous avez des sites de production où vous êtes contraints à ne pratiquer qu’un seul type de système, par exemple les régions d’herbages où vous ne pouvez pas faire autre chose que la production de viande bovine ou le lait.

La deuxième orientation majeure pour la recherche concerne les nouvelles technologies, et ceci dans plusieurs domaines. Il n’est plus question de savoir s’il faut ou non mettre en œuvre les nouvelles technologies, mais comment les employer. Elles peuvent être en accord avec les perceptions de la population et elles peuvent aussi être testées de manière critique avant que la perception du public ne lui attache des considérations négatives. Mais nous ne pouvons pas faire l’impasse sur les futurs développements des nouvelles technologies. Par exemple, il est indispensable de disposer d’outils adaptés à la question des maladies émergentes - outils qui ont pour base les progrès réalisés en matière de biologie moléculaire.

Les recherches dans le domaine de la reproduction sont également de grande importance pour le futur. Par exemple la détermination du sexe, consistant à utiliser des spermes sexés de telle manière que cela détermine le sexe des descendants. La recherche pourrait apporter aussi des solutions à plusieurs problèmes qui font l’objet de débats publics relatifs au bien-être et au transport des animaux. Il faudrait aussi se préoccuper de l’amélioration du revenu des producteurs. Le transfert d’embryons est devenu une technique courante, et beaucoup plus encore l’insémination artificielle. La recherche doit continuer ses travaux même dans des secteurs où seulement de faibles progrès ont été obtenus sur le plan pratique - je pense au clonage et à la transgenèse... Je suis sûr qu’il y a là une question très « chaude » dans l’opinion publique, à propos de laquelle les consommateurs se considèrent très concernés. Néanmoins, cela ne doit pas conduire à des préventions vis-à-vis de la science, qui l’empêcherait de continuer et de développer de meilleurs outils et de meilleures possibilités qui seront éventuellement dans la ligne des demandes des consommateurs, de leurs craintes comme de leurs interrogations. Ce n’est que très rarement qu’une nouvelle technologie parvient rapidement au stade de l’application pratique. Je pense que comme chercheurs nous sommes responsables des avancées. La génomique, à la confluence des interactions entre génétique, physiologie, biotechnologie, et bio-informatique est certainement une des voies du futur pour la recherche.

QUESTIONS DE L’ASSISTANCE

Jože Verbič (Slovénie) :
Je voudrais poser une question à propos de la compétitivité des unités d’élevage intensives de grande taille. Est-ce que quelqu’un a calculé le coût de la crise de l’ESB et en a évalué le prix pour le lait produit avec des farines de viande et d’os ? Parce que ce type de situation se renouvelle à propos d’autres problèmes, par exemple celui des antibiotiques et d’autres substances qui peuvent se retrouver dans le lait. Le problème aujourd’hui est que si les coûts des contrôles devaient être couverts par le système d’élevage complet... Ce que je veux dire c’est que les grandes structures de production devraient payer tout le coût des contrôles liés à ces problèmes qui ne sont pas dus aux petits élevages.

Klaus Meyn :
Malheureusement l’ESB n’est pas une maladie liée à la taille des élevages. C’est un problème. La maladie de l’ESB n’a rien à voir avec le fait qu’il s’agisse de petits ou de gros élevages. Elle intervient chez des animaux qui ont consommé de la farine de viande et d’os contaminée. En conséquence, je ne peux considérer cela comme étant une véritable question. Cela a été une très difficile affaire, que j’ai eu à subir très durement et personnellement dans le cadre de mon travail durant les années où elle s’est manifestée. Mais je ne pense pas que l’on puisse la mettre en rapport avec les grands élevages.
Ensuite vous avez mentionné la question des antibiotiques. Il y a des règles à respecter comme je l’ai mentionné et auxquellesilfautobéir,etlesdifficultésvonts’accentuer.Etlecontrôle lui-même rencontre des difficultés. En conséquence, la maîtrise de la production est un enjeu vraiment important pour le futur : il faut que vous ayez un dispositif de contrôle, que les éleveurs soient conseillés, que par exemple s’ils achètent de l’aliment qu’il y ait un très haut degré de garantie que cet aliment ne soit pas contaminé, que les règles ont été respectées. Malheureusement, dans le passé, ce dispositif n’existait pas. C’est pourquoi, c’est au Royaume-Uni d’abord, puis dans d’autres pays, que l’ESB a provoqué ses dégâts.

Franz Ellendorff :
Oui, et il faut probablement souligner que la Suisse, qui certainement n’est pas un pays de grands élevages, a été fortement touchée par l’ESB. Ce qui est intéressant à suivre, c’est que récemment, on a vu apparaître des cas de vaches atteintes de l’ESB sans avoir consommé de farine de viande et d’os.

Jože Verbič (Slovénie) :
Je m’explique. J’ai voulu parler des systèmes intensifs de grande taille. Quand on examine les raisons biologiques pour l’usage de farine de viande et d’os, il s’agit de vaches avec des lactations qui demandent des protéines alimentaires non dégradables dont les besoins ne peuvent être satisfaits avec les sources habituelles de protéines. D’où le recours aux farines de viande et d’os dans la ration alimentaire. Voilà la raison réelle, c’est pourquoi l’ESB est bien liée à l’intensification de la production laitière.

Klaus Meyn :
D’accord. Nous parlons de ruminants et les ruminants peuvent également transformer les protéines au niveau du rumen. En fait, il s’agit d’une question essentiellement de nature économique. Traditionnellement, le prix des protéines d’origine animale était le double du prix des protéines d’origine végétale. Alors, il n’y avait pas de danger. Mais, quand soudain, les farines de viande sont devenues bon marché parce qu’il n’y avait pas d’autre débouché, tout a été changé, et ce furent tous ces accidents.

John Hodges (Royaume-Uni) :
C’est vraiment une chose formidable que nous ayons maintenant une Europe composée de 25 pays. Et il est aussi vraiment facile pour nous qui appartenons aux 15 anciens pays comme à ceux des dix nouveaux, de considérer, peut-être de manière non délibérée mais implicite en tout cas, que nous trouvons dans les pays de l’ouest un bon modèle pour l’agriculture et que les dix nouveaux pays feraient bien de l’adopter. Donc, nous avons tendance à parler de productivité, et d’efficacité, et de compétitivité, et à dire que la voie que nous devons suivre est bien celle-là. Je pense que c’est un problème qui mériterait d’être beaucoup plus pris en considération par les membres du panel. Pourquoi ? parce que ce modèle est celui qui a produit de nombreux problèmes, des problèmes de pollutions de l’environnement, des problèmes d’excédents, des problèmes de qualité des produits aussi, de pollution de l’air et de l’eau. Nous sommes obligés d’y consacrer une énorme quantité d’argent, des milliards. Alors est-ce vraiment et définitivement le meilleur modèle ? D’accord, nous savons que la Politique Agricole Commune est en cours de réforme et que les nouveaux objectifs vont maintenant avoir pour but de promouvoir la qualité de la vie dans les territoires ruraux, avec une préoccupation de développement durable pour l’agriculture, pour l’environnement, pour l’économie. Alors, je ressens que ces nouvelles perspectives politiques qui vont bientôt influencer fortement l’agriculture dans les pays d’Europe Centrale, devraient être plus présentes dans cette discussion. J’ai été très heureux d’entendre le collègue Slovène qui a pris la parole appeler à ce que les chercheurs zootechniciens soient plus imaginatifs pour trouver des solutions innovantes en rapport avec les nouveaux critères qui sont ceux de la réforme de la PAC. Donc, prenant en considération que les subventions seront en place au moins jusqu’en 2012, et probablement au-delà, je me demande pourquoi met-on autant d’insistance sur l’efficacité biologique et sur l’efficacité des systèmes, et d’autres choses du même ordre qui ont en fait été à l’origine de tant de problèmes au sein du système en vigueur dans l’Europe des 15.

Klaus Meyn : Merci pour ces commentaires. Il est probablement vrai que nous avons beaucoup trop parlé des effets positifs attendus de l’amélioration de l’efficacité. Mais un des objectifs, qui est à mon sens le plus important, est que les éleveurs puissent survivre et gagner leur vie dans les conditions du marché. Et c’est pourquoi, j’ai fait référence à ces contraintes si nombreuses, à toutes ces règles que l’Union Européenne a introduit, et qui sont en faveur de systèmes de production durables, et qui imposent tout un paquet de règles à suivre par les producteurs. Mais j’espère que vous pouvez être d’accord avec moi que le principal objectif est de garder le plus grand nombre possible d’actifs qui obtiennent un revenu au sein du secteur de l’élevage. Pour moi, c’est l’objectif majeur, celui qui est le plus important en regard de tous les autres aspects que vous avez mentionnés.

Franz Ellendorff : Qu’est-ce que c’est que l’efficacité ? Accroître l’efficacité et le rendement énergétique ne signifie pas forcément accroître les quantités produites. Il s’agit seulement d’améliorer le rapport output/input. Et ceci est toujours légitime. Mais vous devez toujours tenir compte que ceci doit se faire avec le moins de dommage pour l’environnement, avec un moindre puisement dans les ressources. Je voudrais insister encore sur le fait que l’amélioration de l’efficacité ne peut être que bénéfique, sauf si vous atteignez un point où l’état sanitaire se dégrade, ou si compromettez la qualité des produits. Mais si vous améliorer le rendement à l’intérieur de certaines limites, de la physiologie animale et de la génétique, je ne vois pas où est le problème.

Cled Thomas (Royaume-Uni) :
Je me demande si vous ne pourriez pas considérer un scénario à plus long terme. John Hodges dit que 2012 est déjà un horizon lointain. En fait, ce n’est pas vraiment un horizon de long terme en référence aux cycles agricoles. Le vrai scénario est que l’actuelle réforme de la PAC, qui affecte à la fois les anciens membres de l’Union Européenne et les nouveaux, est seulement le premier barreau d’une échelle. Je pense qu’il y aura d’autres réformes par la suite : nous n’en sommes qu’à la première étape d’une réforme qui doit conduire à supprimer toutes les aides à l’agriculture en Europe. Je pense qu’il nous faut considérer le devenir des systèmes d’élevage et des productions animales au sein d’un tel scénario. Aujourd’hui, il ne semble pas qu’une telle option soit recevable par les populations des territoires ruraux. Mais elle le sera dans le futur dans le cadre d’une politique sociale et non dans le cadre d’une politique agricole. Ceci ne veut pas dire qu’on ne s’occupera pas des biens environnementaux, puisque ces biens seront rémunérés par les pouvoirs publics dans le cadre d’une contractualisation. Je pense que c’est un scénario de long terme tout à fait acceptable, notamment par les entreprises de productions animales qui pourront ainsi être compétitives à l’échelle mondiale ou être à même de produire des biens de nature environnementale. Pouvez-vous prendre en considération ce scénario après 2012 ?

Emil Ervajec :
Je pense que la situation est gelée jusqu’à 2013 pour la Politique Agricole Commune. Le volume des fonds pour l’agriculture va rester plus ou moins au même niveau. Et la proposition de la Commission pour le budget 2007-2013, qui sera probablement adoptée l’an prochain, est que la part consacrée à une importante politique de développement rural sera accrue en volume et élargie quant aux secteurs concernés. En fait, la PAC est en train de prendre une nouvelle direction, de s’éloigner d’un soutien à l’agriculture vers un soutien au développement rural. Ceci est une vue très optimiste, car je pense que les décideurs politiques font une erreur. Ils changent le système, ils changent la politique, ils doublent les crédits pour la politique de développement rural, mais les fondements sont toujours les mêmes. En fait, nous n’avons aucune nouvelle initiative, nous n’avons aucune nouvelle idée en Europe, sur comment soutenir les territoires ruraux. Et je pense que c’est là une des problèmes majeurs pour l’Europe à 25. La société agricole est sur place, elle est en train de demander de l’argent, et le budget est là lui aussi pour - je veux dire - des finalités de plus en plus bizarres, telles que ce que nous connaissons déjà : l’aide aux régions les moins favorisées, la retraite anticipée, la diversification des productions... Cela veut-il dire que toutes les exploitations agricoles devraient faire du tourisme à la ferme ?

Klaus Meyn : Pour moi l’horizon 2012 évoqué par Cled Thomas est tout à fait acceptable. Mais je pense vraiment que ce qui vient après est plein de risques et de dangers. J’ai lu la semaine dernière un article de « The Economist » sur l’Argentine qui est en train de cultiver du soja pour la Chine, pour satisfaire les besoins de la Chine en soja. Je pense que nous pourrions avoir à faire face à un monde totalement différent après 2012 en rapport avec le volume de la demande chinoise. Et si nous revenons à la question des subventions, qui est un autre aspect... Nous avons un prix du lait qui est artificiel au niveau mondial, parce que le volume de production que la Nouvelle Zélande et l’Australie peuvent produire à ce niveau du prix mondial est relativement faible et que leur potentiel d’expansion n’est pas si élevé que cela. Et le niveau des subventions aux Etats-Unis et en Europe est du même ordre de grandeur pour le lait, donc le seul problème est celui de la viande de bœuf. On considère que l’Union Européenne soutient fortement la production agricole. Mais ceci n’est pas totalement correct : pour le porc et les volailles les subventions sont sur le grain, pas sur la production, il n’y a pas d’aides. Ainsi, les producteurs de porcs et de volailles produisent déjà sans subvention. Par conséquent, ce qui va se passer après 2012 est encore un sujet de spéculations.

CONCLUSION

par Jean-Claude Flamant

Je vous propose de clore cette Table Ronde en insistant sur quatre aspects qui me paraissent majeurs pour l’avenir du secteur de l’élevage et des productions animales dans les pays nouvellement membres de l’Union Européenne : atouts ou risques de l’intégration ? Un nouveau modèle agricole ? Politique agricole ou politique rurale ? Rôle futur de la recherche zootechnique ?

Atouts ou risques de l’intégration ? Le premier intérêt de cette Table Ronde est d’avoir mis en lumière l’importance à accorder aux conditions spécifiques de cette intégration d’un point de vue politico-économique. Tout particulièrement, il a été insisté sur le fait que la politique agricole a été au cœur de la construction européenne à ses origines dans les années 60-70, avec des conditions de développement économique particulièrement favorables qui ont permis d’assurer les ressources financières nécessaire en appui aux agriculteurs et à leurs organisations. Ce n’est pas le cas pour les nouveaux membres, comme l’a très bien montré Alain Pouliquen : l’intégration politique est un objectif en soi quelles que soient les conséquences et les difficultés pour les activités agricoles, et les disponibilités financières sont considérablement réduites, essentiellement affectées aux indispensables investissements pour les infrastructures et les équipements. Je note finalement l’accord entre les membres du panel pour dire que les atouts et les risques sont à évalués en prenant en considération le fait que l’évolution se fait selon une logique « dualiste » des structures des productions, soit de grandes exploitations extensives, soit de petites fermes de subsistance : les deux types de structure n’ont pas les mêmes chances dans le nouveau contexte européen. Les grandes exploitations extensives peuvent devenir compétitives en termes d’agrobusiness, mais les petites fermes de subsistance voient leur intérêt potentiel pour la production laitière limités par leur réalité humaine et sociale dans le cadre des règlements de l’Union Européenne.

Un nouveau modèle agricole ? Ayez en tête qu’à l’origine de cette Table Ronde nous avions pour projet de discuter la possibilité pour les nouveaux membres d’explorer et de développer de nouvelles modèles de production qui seraient différents du modèle intensif des anciens pays, qui a à la fois assuré la satisfaction des besoins alimentaires et entraîné des effets négatifs sur l’environnement et les ressources naturelles. En fait les premiers pays de la Communauté Européenne ont réalisé une évolution de leur agriculture durant trois ou quatre décennies qui a permis l’émergence d’une majorité d’exploitations familiales et de taille moyenne. Ce schéma n’est pas celui des nouveaux pays membres. En raison de la forte volonté politique après la chute du Mur de Berlin, l’évolution va se faire de manière extrêmement rapide, en dix ou douze ans. Dans ce contexte, l’avenir des très nombreuses petites fermes de subsistance est tout à fait critique : en assurer le maintien durant au moins une génération est tout à fait essentiel sous peine d’avoir à subir un exode massif dans les villes avec des taux de chômages difficilement supportables. Et, de plus, comme le souligne Klaus Meyn, les règles adoptées par l’Union Européenne concernant la sécurité sanitaire des aliments et auxquelles il faut se soumettre, vont avoir un effet destructeur sur les filières de production de viande et de lait.

Politique agricole ou politique rurale ? En fait, l’agriculture est désormais soumise à des considérations qui sont extérieures aux questions de la production elle-même. IL est intéressant d’écouter Emil Ervajec exprimer son regard sur les évolutions qui sont intervenues durant tout le temps du processus de négociations. Pour lui la nouvelle politique européenne est d’abord faite d’une nouvelle logique de « mots » : l’intérêt des décideurs politiques s’est par exemple déplacé vers ce qu’ils ont appelé une politique rurale, mais sans objectifs clairs et imaginatifs. Est-il vrai que la politique agricole va s’orienter vers une suppression totale des subventions pour toute l’Europe, les anciens pays comme les nouveaux, dans le cadre d’une politique rurale avec une composante sociale forte, comme cela a été dit par un intervenant ? Mais il y a une difficulté réelle a effectuer des prévisions quant au commerce mondial des produits agricoles souligne Klaus Meyn si l’on ne prend pas en compte la montée en puissance des besoins de la Chine qui risquent de modifier profondément le contexte international de la politique agricole européenne.

Un nouveau rôle pour la recherche zootechnique ? C’est la dernière question... Sa place doit être raisonnée dans le cadre d’une grande incertitude quant aux évolutions politiques concernant l’agriculture et aux évolutions économiques et sociales de ce secteur dans les nouveaux pays membres. Faisons tout d’abord le constat que les membres du panel sont unanimes pour dire que « la recherche zootechnique a vécu son âge d’or ». Néanmoins, il y a place pour la recherche scientifique... mais quelle recherche ? Franz Ellendorf argumente en faveur d’une recherche qui privilégie la compréhension des systèmes de production, leur efficacité dans les conditions du marché, mais en prenant en compte les indicateurs du développement durable, leurs capacités d’évolution, leurs effets sur la consommation des aliments et leurs conséquences sur la qualité de l’environnement. Ceci signifie que les programmes devraient moins donner la prééminence aux orientations dans le champ des biotechnologies, et devraient privilégier la coopération entre des chercheurs de disciplines différentes. Pour les nouveaux pays, Emil Ervajec considère qu’un effort important est à réaliser de mise à niveau du potentiel de recherche par rapport aux anciens membres de l’Union Européenne, avec l’aide des instituts de ceux-ci. Et Klaus Meyn insiste sur l’insuffisance des bases scientifiques pour les règlements qu’il faut désormais respecter, notamment en matière de respect de l’environnement et de bien-être animal.

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Accéder à toutes les Publications : Science et Lycéens- Des conférences de scientifiques de haut niveau et des débats avec les lycéens exprimées dans le cadre « L’Université des Lycéens » une expérience pilote pour lutter contre la désaffection des jeunes pour les carrières scientifiques. Ces publications constituent un outil pédagogique « vivant » qui favorise une lecture agréable et une approche « culturelle » de la complexité de la science. Edités par le Magazine Web de la Mission Agrobiosciences.

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Sur les thèmes de l’agriculture, on peut lire ces documents édités par la Mission Agrobiosciences :

Lire les actes des cafés-débats de Marciac  :

Lire la conférence FAUT-IL EN FINIR AVEC LE DEVELOPPEMENT DURABLE ?avec François de Ravignan.
Décortiquant l’histoire du développement, François de Ravignan nous rappelle l’évolution de ce terme qui s’est élevé au rang de doctrine et les différentes critiques historique, culturelle et écologique mettant à mal le concept. On ne sort pas indemne de la conférence de François de Ravignan. Sans devenir adepte de la décroissance, la démonstration permet, comme le disait Simone Weil, de « changer la direction de notre regard ».

Lire la conférence AGRICULTURE ET MONDIALISATION. POURQUOI EST-IL VITAL POUR LES AGRICULTEURS D’ICI DE COMPRENDRE LES AGRICULTURES DU MONDE ? de Marcel Mazoyer.
Marcel Mazoyer a été Chef du Département d’Economie et de Sociologie Rurales de l’INRA (1972-1975), Président du Comité du Programme de la FAO (1983-1993). Il est l’auteur, avec Laurence Roudart, d’une « Histoire des Agricultures du Monde » (Seuil).

Lire la conférence GROUPE DE CAIRNS ET PAYS EN DÉVELOPPEMENT : ALLIÉS OU ADVERSAIRES DANS LES NÉGOCIATIONS AGRICOLES À L’OMC ? de Karine Tavernier.
Chargée d’étude à Solagral. Spécialiste du commerce international, des échanges agricoles et des négociations de l’OMC. A l’heure de la mondialisation, des négociations de l’OMC et de la réforme de la PAC, Karine Tavernier s’est livrée à une brève analyse actualisée des négociations agricoles en cours et des positions exprimées par les différents groupes de pays.

Lire la conférence QUELS DÉFIS ET QUELS PARIS POUR LE COMMERCE
ÉQUITABLE ?
d’Alexis Krycève.
Directeur de marketing d’Alter Eco, société d’importation et de distribution de produits issus du commerce équitable. L’invité Alexis Krycève, sortant des postures manichéennes devait apporter des réponses claires sans évacuer la complexité des échanges internationaux.

Lire la conférence LES PARADOXES DE L’AGRICULTURE DES ETATS-UNIS, CONQUÉRANTE ET FRAGILE de Jean-Christophe Debar.
Jean-Christophe Debar est économiste. La politique agricole américaine votée en mai 2002 pose problème aux Européens, mais il faut examiner précisément ses tenants et ses aboutissants avant de s’indigner. Dans quelle situation économique se trouvent les agriculteurs américains ? Comment sont-ils perçus par leurs concitoyens ? Quels sont les perspectives, leurs repères ? Pourquoi ont-ils un tel poids politique ?

Lire la conférence EUROPE ET INTÉGRATION DES PAYS DE L’EST : FAUT-IL REDOUTER L’IMPACT DE LEURS DYNAMIQUES AGRICOLES ? d’Alain Pouliquen.
Alain Pouliquen. Economiste l’INRA. A l’heure de la mondialisation, des négociations dans le cadre de l’OMC et de la réforme de la PAC, Alain Pouliquen, directeur de recherche à l’Inra, auteur du rapport sur la " Compétitivité des secteurs agro-alimentaires des pays d’Europe centrale " à la Commission européenne, présentait à un auditoire attentif son point de vue sur les impacts globaux de l’intégration des pays de l’Est dans la communauté européenne.

Lire la conférence AGRICULTURE BRÉSILIENNE : ÉTAT DES LIEUX ET GRANDS ENJEUX Elisio Contini, coordonnateur du Labex, le Laboratoire Extérieur franco-brésilien de l’Embrapa, Institut brésilien de recherche agro-pastorale (équivalent à l’Inra) implanté à Agropolis Montpellier.
A l’heure de la mondialisation, des négociations difficiles de l’OMC et de la réforme de la PAC, le Brésil était à l’ordre du jour. Football, samba et carnaval endiablé ? Qui n’a pas ces images du Brésil en tête ? Et pourtant ? Géant agricole en plein "boum’’, nation de contrastes et de contradictions, nouveau poids lourd des négociations internationales, ce pays suscite des interrogations dont l’état des lieux aurait nécessité des semaines de discussion ?

Lire la conférence DES PRODUITS MADE IN CHINA SANS CONTREFAÇON ? Avec Marie Papaix, ingénieure agronome.
A l’heure où la France et l’Europe se cherchent des alliés à l’OMC pour défendre les Indications Géographiques (l’équivalent de nos appellations d’origine), la Chine présente un intérêt stratégique certain. Aidée par des experts français, n’a t-elle pas commencé à mettre en place ce type d’appellation pour ses propres produits ? Reste à mesurer l’écart entre les intentions, la pratique et les habitudes culturelles de la Chine.

Lire la conférence EVOLUTION DES ÉCHANGES AGRICOLES ET ALIMENTAIRES MONDIAUX : QUELS PROBLÈMES EN PERSPECTIVE Michel Griffon, ingénieur agronome et économiste.
Comment la planète parviendra-telle à nourrir les neuf milliards d’habitants qu’elle comptera en 2050 ? Pour répondre à cette forte interrogation, Michel Griffon propose un raisonnement simple, sans jamais être simpliste.

Lire la conférence QUELLE STRATÉGIE POUR LES PRODUITS DE TERROIR DANS UN CONTEXTE DE GLOBALISATION DES MARCHÉS ?. Avec Jean-Louis Rastoin, ingénieur agronome, professeur à l’Agro Montpellier.
Ce soir là, dans le cadre des cafés-débats de Marciac organisés par la Mission Agrobiosciences en collaboration avec la Communauté de communes Bastides et Vallons du Gers, Jean-Louis Rastoin abordait les conditions de valorisation et de viabilité des produits de terroir par rapport aux autres produits alimentaires dans un contexte de globalisation des marchés.

Lire la conférenceLA PÉNURIE DE L’EAU : L’ARAGON ENTRE IRRIGATION ETTERRES SÈCHES. Avec José Manuel Pomar, Ingénieur agronome, producteur dans la vallée de l’Ebre.
D’un côté, les « regadios », qui désignent les terres irriguées. De l’autre, les « secanos », où l’agriculture survit en terrains arides, cultivant l’orge et élevant des brebis.

Lire la conférence QUELLE ÉVOLUTION POUR LES PAYSANS D’AFRIQUE NOIRE, DANS LE CADRE DE LA FIN D’UN MODÈLE COLONIAL DE DÉVELOPPEMENT ?. Avec Bernard Charlery de La Masselière, Professeur des Universités.
A l’heure de la mondialisation et des négociations de l’OMC, ce chapitre africain a été traité par Bernard Charlery de la Masselière, Professeur des Universités, enseignant-chercheur, du département Géographie à l’Université Toulouse-Le Mirail, mais aussi enseignant à l’École Supérieure d’Agronomie de Purpan, à l’Institut Universitaire de Technologie de Castres, à l’Université de Dschang (Cameroun), à l’Université du Burundi et à l’Université de Conakry (Guinée).

Lire la conférence L’AGRICULTURE DES PAYS MÉDITERRANÉENS DU SUD, ENTRE CONQUÊTE DES MARCHÉS EUROPÉENS ET RÉPONSE AUX BESOINS DE SUBSISTANCE. Avec Gérard Ghersi, directeur de l’Institut Agronomique Méditerranéen de Montpellier (IAMM) et Omar Bessaoud, enseignant-chercheur à l’IAMM.
A l’heure de la mondialisation, des négociations de l’OMC et de la réforme de la PAC, les pays méditerranéens s’étaient invités à notre table. Une fois n’est pas coutume : les fameux tapas qui précèdent les cafés-débats de Marciac étaient remplacés, ce soir d’octobre 2002, par un somptueux tajine. De quoi mieux faire corps avec l’idée forte que souhaitaient développer les deux conférenciers : les peuples de la méditerranée ont un patrimoine culturel commun qui justifie des solidarités importantes à développer.

Lire les Actes des Universités d’été de l’innovation rurale

L’Université d’Eté de l’Innovation Rurale est un rendez-vous national au coeur de l’été dans l’ambiance particulière du festival de "Jazz in Marciac" et des territoires ruraux du Sud-Ouest, pour instruire et débattre des sujets qui interpellent fortement notre société : le futur de l’agriculture, l’évolution de notre alimentation, la transformation des territoires ruraux, les relations urbain-rural, le rôle des sciences du vivant. Un rendez-vous annuel où se côtoient des scientifiques, des enseignants, des élus, des professionnels, des acteurs issus du monde économique, associatif, culturel et du grand public.

Retour sur 10 ans d’Université d’été de l’Innovation rurale à Marciac

Lire la conférence du 9 août 2000 : CLAUDE FISCHLER : « QUAND LES CRISES ALIMENTAIRES RÉVEILLENT LES UTOPIES ».
Que signifient pour nous les crises alimentaires ? Quelles sont les inquiétudes qui nous saisissent ? On nous dit souvent qu’elles sont rationnelles ou irrationnelles. Peut-on formuler des jugements là-dessus ? De quelles données précises ou empiriques, de quelles études sur la perception de l’alimentation en général, et du danger en matière d’alimentation disposent-on ?

Lire la conférence Août 1998 : PHILIPPE LACOMBE : « MARCHÉS AGRICOLES ET TERRITOIRES RURAUX ».
Dans le cadre de la 4ème Université d’Eté de l’Innovation Rurale organisée par la Mission Agrobiosciences et la Communauté de communes Bastides et Vallons du Gers, en 1998, Philippe Lacombe propose une lecture des rapports entre marchés agricoles et territoires ruraux.

Lire la conférence du 9 Août 2000 : ALAIN TROUSSON : « LES CRITIQUES DE LA SCIENCE »... À PROPOS DES OGM.
En observant, y compris dans les magazine et à la télévision, la multiplicité des critiques notamment exprimées contre les OGM , le philosophe Alain Trousson (CNP), lors de l’Université d’été de Marciac en août 2000, montre qu’elles se réfèrent à deux modèles de critique de la science aujourd’hui réactivés, re-mobilisés et qui font, selon-lui, parfois l’objet de recombinaisons étonnantes.

Lire la conférence du 8 août 2001 :PATRICK CHAMPAGNE : « JOURNALISME SCIENTIFIQUE. EFFETS MÉDIATIQUES : RÉFLEXIONS ».
Les scientifiques se plaignent fortement de la manière dont la science est médiatisée. Selon le sociologue de l’Inra Patrick Champagne, du Centre de sociologie de l’éducation et de la culture à la Maison des sciences de l’homme, on est aujourd’hui passé de la médiatisation de « La Science » à une information scientifique banale, qui obéit aux lois ordinaires de la production de l’information.

Lire la conférence d’août 1995 : BERTRAND VISSAC : "DE LA GÉNÉTIQUE AUX TOTEMS DU DÉVELOPPEMENT LOCAL ».
Bertrand Vissac nous a quitté le 31 août 2004 (Retrouvez l’hommage à Bertrand Vissac sur le site de la Mission Agrobiosciences). Ce grand chercheur en zootechnie a traversé l’histoire de l’Inra depuis les années 50. Institut de recherche où, d’entrée de jeu, il a exercé de multiples fonctions et de très hautes responsabilités... Cette Intervention de Bertrand Vissac recèle un témoignage vivant sur l’expérience de la RCP Aubrac.

Lire la conférence du 8 août 2001 : GUY RIBA : « LES ENJEUX DU PROGRAMME GÉNOPLANTE DANS LE CONTEXTE MONDIAL ».
Selon Guy Riba, directeur scientifique « Plantes et produits du végétal » à l’Inra, trois points clés identifient le contexte de la naissance du programme Génoplante : la montée en puissance des attentes du citoyen ; l’insertion de l’agriculture dans un contexte mondialisé et la montée en puissance, sans précédent, des sciences biologiques...

Lire la conférence du 8 août 2001 : JEAN-DIDIER VINCENT : « LA MORALE DU GÈNE ».
Comment ne pas aborder , d’entrée de jeu, l’éternel débat qui oppose d’un côté les socio-philosophes, tenants de la liberté et de l’autonomie de la pensée et, de l’autre, ces « malheureux biologistes » accusés de tous les mots parce qu’ils aliènent la liberté de l’homme par un déterminisme mal compris. Lors de la 7ème Université d’été de l’innovation rurale de Marciac en août 2001, le neurobiologiste, Jean-Didier Vincent n’a pas manqué d’ironie.

Lire l’article de Jean-Claude Flamant édité en février 2005 :UNIVERSITÉ D’ETÉ DE L’INNOVATION RURALE DE MARCIAC : DIX ANNÉES DE DÉBATS COLLECTIFS POUR MESURER LES FORCES DE TRANSFORMATION DU FUTUR (PUBLICATION ORIGINALE).
« 10 années d’exploration sur le thème agriculture et société »... Jean-Claude Flamant, fondateur de l’Université d’été de l’innovation rurale de Marciac et actuellement directeur de la Mission d’Animation des Agrobiosciences, nous propose de revenir dix années d’élaboration collective des conceptions sur l’évolution de l’agriculture et de ses fonctions au sein de la société et dans les territoires ruraux explorés lors de cette manifestation nationale.

Lire la conférence du 9 août 2000 : DOMINIQUE DESJEUX : « FEMMES ET AGRICULTURE : ON N’A PAS LE MÊME PLAISIR QUE LES HOMMES À NOUS BATTRE ».
Intervention qui faisait suite à la conférence de Marie-Thérèse Lacombe, Alice Monier et Martine Dubos « Les femmes de l’agriculture : histoire d’une révolution silencieuse »- lors de la journée « Être de son temps à la campagne » de l’Université d’été de Marciac. Août 2000. « Les rapports hommes-femmes » sont aussi compliqués que les rapports « ruraux-urbains » affirme l’anthropologue Dominique Desjeux (Professeur à la Sorbonne) lors de son intervention à l’Université d’été de Marciac.

Lire la conférence du 9 août 2000 : MARIE-THÉRÈSE LACOMBE, MARTINE DUBOS, ALICE MONIER : « LES FEMMES DE L’AGRICULTURE : HISTOIRE D’UNE RÉVOLUTION SILENCIEUSE... ».
Pour beaucoup, cette conférence à trois voix de femmes, reste l’événement de cette journée consacrée au thème « Être de son temps à la campagne » de l’Université d’été de Marciac en août 2000. Cette fresque historique, depuis l’après-guerre jusqu’à aujourd’hui, patiemment énoncée par plusieurs générations de femmes agricultrices avait pour intitulé « Les femmes , ferment de la modernité en milieu rural ».

Lire la conférence du 9 août 2000 : GÉRARD TINÉ : « L’EFFET DUCHAMP AUX CHAMPS... ».
Intervention qui faisait suite à la Conférence de Jean-Pierre Estrampes « Un regard critique sur la modernité des villes »- lors de la journée « Être de son temps à la campagne » de l’Université d’été de Marciac. Sur la question des rapports « Villes-Campagnes », le plasticien Gérard Tiné relève que ce thème est une façon d’aborder sous l’angle du regard la question « Patrimoine et Modernité ».

Lire la conférence du 9 août 2000 : JEAN-PIERRE ESTRAMPES : « UN REGARD CRITIQUE SUR LA MODERNITÉ DES VILLES ».
D’entrée de jeu, l’architecte, Jean-Pierre Estrampes, tient à lever ce qu’il nomme un fantasme, celui des grandes conurbations. Les mégapoles ou autre mégalopoles n’existent, selon-lui, que dans l’imaginaire de certains géographes prédicateurs. Prenant l’exemple des désormais fameux « croissants fertiles » reliant les villes entre elles comme Milan à Barcelone ou Francfort à Lyon, Jean-Pierre Estrampes affirme qu’il s’agit d’illusions.

Lire la conférence du 9 août 2000 : JEAN-MARC LÉVY-LEBLOND : « LA SCIENCE EST-ELLE DÉMOCRATIQUE ? ».
Intervention de Jean-Marc Lévy-Leblond en réponse à la conférence du philosophe Alain Trousson « Les Critiques de la science » S’il existe bel et bien une critique de la science chez Marx et une critique de la démocratie chez Heidegger, tel que le montre Alain Trousson, l’écrivain et physicien Jean-Marc Lévy-Leblond se refuse à conclure, lors de l’Université d’été de Marciac en Août 2000, que l’apologie de la démocratie conduit à une apologie de la science.

Lire la conférence de Patrick Denoux, août 2004 :LA MONOCULTURE CONDUIT À L’APPAUVRISSEMENT. PSYCHOLOGIE INTERCULTURELLE ET AGRICULTURES.
Patrick Denoux,est maître de conférence en Psychologie interculturelle, Université Toulouse Le-Mirail. Pour conclure la 10ème Université d’été de Marciac "Dans le champ des agricultures du monde, quel destin pour les agricultures d’ici ?", co-organisée par la Mission Agrobiosciences, le point de vue de Patrick Denoux ou l’art de métisser humour et connaissance. Un moment de grande intensité où l’orateur a su distiller des exemples bien choisis au fil d’un exposé savant. Patrick Denoux a vraiment le don d’éclairer notre relation aux autres cultures et ce en quoi elle influence notre destin.

Lire la conférence de Jean-Luc Mayaud : REVENIR AU PAYSAN, C’EST RETOURNER AVANT 1950..
Jean-Luc Mayaud, professeur d’histoire contemporaine à l’Université Lumière-Lyon 2. Pour conclure la 10ème Université d’été de Marciac "Dans le champ des agricultures du monde, quel destin pour les agricultures d’ici" co-organisée avec la Mission Agrobiosciences, le point de vue de Jean-Luc Mayaud. A tenter de définir le présent et d’esquisser l’avenir, les propos tenus lors de cette Université d’été n’ont cessé paradoxalement de convoquer l’histoire ; celle, mythique, d’une paysannerie rêvée.

Lire la conférence de Michel Griffon :"LE POINT COMMUN DES AGRICULTURES DU MONDE : L’EXISTENCE D’UN SECTEUR DE PAUVRETÉ" (INTÉGRAL DE LA CONFÉRENCE).
Michel Griffon est conseiller pour le développement durable au CIRAD. « Je vais prendre une posture particulière qui est celle de parler non pas du destin qui est notre thème commun de réflexion, mais de l’avenir ». En prononçant ces mots, Michel Griffon aurait tort de paraître s’en excuser. Après tout, difficile de se donner un destin sans se projeter dans l’avenir... Reste que l’exercice paraît périlleux : comment donner une lecture transversale des dynamiques complexes actuellement à l’œuvre et en tirer des tendances ?

Lire la conférence de Philippe Lacombe :LES ACTES DE LA 2ÈME UNIVERSITÉ D’ETÉ DE MARCIAC : "STRATÉGIES INNOVANTES : LE CAS DES DROITS À PRODUIRE"
Philippe Lacombe est économiste à l’Inra. "Les droits à produire : une innovation dans la politique agricole et un instrument de maîtrise des marchés agricoles" Réédition d’une Conférence de Philippe Lacombe.

Lire les actes de la Quatrième Université d’été de l’Innovation Rurale (août 1998) : "GÉRER LES ESPACES RURAUX : NOUVEAUX DÉFIS POUR LES AGRICULTEURS ET LES FORESTIERS" (PUBLICATION ORIGINALE).
La Mission Agrobiosciences propose cette réédition des interventions, entre autres, de Bertrand Hervieu (Sociologue), Philippe Lacombe (Economiste), Patrick Legrand (Mission Environnement-Société Inra), Salvadore Ferret (Groupement agriculture biologique de Midi-Pyrénées)ou Georges Cassagne (Agriculteur au Texas USA), autour d’un thème qui répond toujours à une forte préoccupation : faire le point sur les questions que posent l’évolution des marchés des produits agricoles.

Lire les actes de la neuvième Université d’été de l’Innovation Rurale, 6 et 7 août 2003 : IMAGES ET IMAGINAIRES AU COEUR DES ÉCHANGES ENTRE AGRICULTURE ET SOCIÉTÉ.
L’Objectif de cette 9ème édition de l’Université d’Eté de Marciac était de repérer les représentations que suscite l’agriculture pour chacun, les exprimer, les comparer et en analyser l’origine et la puissance. Dans ces actes vous retrouverez l’essentiel des débats et des interventions qui ont fait surgir des images fortes, drôles, graves et parfois émouvantes.

Lire LES ACTES DE LA CINQUIÈME UNIVERSITÉ D’ETÉ DE MARCIAC (Août 1999) : « L’EAU DES VILLES ET L’EAU DES CHAMPS » ET « CRÉER DES EMPLOIS DANS LES CAMPAGNES » (PUBLICATION ORIGINALE).
Des conférences et des échanges pour un état des lieux sur les enjeux de l’eau : Qualité, quantité, territoire, ressource économique... Une série d’interventions sur les emplois dans les campagnes : Diversité, dynamiques, expériences contemporaines. Une Université d’Eté où l’agriculture et le monde rural étaient au centre des questions et des débats.

Lire LES ACTES DE LA SIXIÈME UNIVERSITÉ D’ETÉ DE MARCIAC (9 et 10 août 2000) : "BIOTECHNOLOGIES : FASCINATIONS... INTERPELLATION" ET "ÊTRE DE SON TEMPS À LA CAMPAGNE.
Avec notamment Claude Fischler (Sociologue), Alain Trousson (Philosophe), Jean-Marc Lévy-Leblond (Physicien), Jean-Pierre Zalta (Généticien), Jean-Pierre Estrampes (Architecte), Marie-Thérèse Lacombe (Agricultrice) Alice Monier (Agricultrice), Dominique Desjeux (Anthropologue) etc. Lire les actes de la 6ème Université d’Eté de Marciac :"Biotechnologies : fascinations... interpellation" et "Être de son temps à la campagne "-édités par le Magazine Web de la Mission Agrobiosciences.

Lire LES ACTES DE LA 8ÈME UNIVERSITÉ D’ETÉ (7 et 8 août 2002)DE MARCIAC : "L’AGRICULTURE ENTRE CONTRAT ET CONTRÔLE" (PUBLICATION ORIGINALE).
Entre une agriculture sous des contraintes économiques et réglementaires de plus en plus fortes et une société qui ne se reconnaît plus dans ses évolutions, quelles modalités de débat pour retrouver la confiance et quel nouveau contrat entre agriculture et société ? Avec entre autres Patrice Duran (Sociologue), Emmanuelle Auriol (Economiste), Christian-Albert Garbar (Juriste), Christian Vanier (Agriculteur), François Léger (Chercheur Inra), Michèle Salmona (Psychologue), François Projetti (...)

Lire la conférence de Patrick Denoux :IMAGE DE L’AGRICULTURE : LA FIGURE DU PAYSAN COMME LIEU DE FRACTURE CULTURELLE.
Dans le cadre de la 9ème Université d’Eté. 6 et 7 août 2003. Maître de conférences en Psychologie Interculturelle, à l’Université Toulouse-Le-Mirail, Patrick Denoux était convié à donner son point de vue sur les débats en cours. Un regard de "grand témoin", qui a porté dans cette première intervention sur la crise identitaire des agriculteurs. « Mon paysan » « Je ne vous propose ni synthèse ni verbatim des propos de ce matin, mais plutôt de poser un regard transversal, celui d’un psychologue d’une nature un peu particulière, puisqu’il s’attache (...)

Lire LES ACTES DE LA 7ÈME UNIVERSITÉ D’ETÉ DE MARCIAC : "QUAND LES SCIENCES DU VIVANT BOULEVERSENT NOTRE REGARD SUR LE MONDE » ET « L’AGRICULTURE PEUT-ELLE ÊTRE BOULEVERSÉE PAR LA DEMANDE SOCIALE".
Avec Jean-Didier Vincent, biologiste, Guy Riba, généticien, Patrick Champagne, sociologue, Daniel Boy, politologue, Bertrand Hervieu, président Inra, Philippe Lacombe, économiste, etc...

Lire la contribution de Gilles Allaire :IMAGE DE L’AGRICULTURE : SI LES ARBRES IMAGINENT LES OISEAUX, POURQUOI LES FRITES N’IMAGINERAIENT PAS LES ARBRES ?.
Par Gilles Allaire, Directeur de recherche en économie et sociologie rurale. Dans le cadre de la 9ème Université d’été. août 2003. La première journée de la 9ème Université d’été de l’Innovation Rurale de Marciac était consacrée à l’inventaire et l’exploration de nos images et imaginaires autour de l’Agriculture et à « L’agriculture au cœur des paradoxes ». Gilles Allaire, directeur de recherche en économie et sociologie rurale à l’Inra de Toulouse, est l’un des « piliers » de l’Université d’Eté.

Lire la contribution de Patrick Denoux :IMAGE DE L’AGRICULTURE : LE JEU DE L’IMAGE BROUILLE L’IMAGE DU "JE"..
Par Patrick Denoux. Maître de Conférence en Psychologie Interculturelle. Dans le cadre de la 9ème Université d’Eté des 6 et 7 août 2003. Une lecture de la première journée de débats, pour clore l’après-midi, par Patrick Denoux, maître de conférences en Psychologie interculturelle ( Université Toulouse Le Mirail).

Lire la contribution au débat : "J’AI ÉPOUSÉ JEAN-LUC, PAS SES COCHONS !".
Dans le cadre de la 9ème Université d’Eté. 6 et 7 août 2003. Le débat qui a suivi la conférence de Rémi Mer a principalement porté sur la reconnaissance sociale des agriculteurs. "Etre seul, n’est ne plus être", écrivait récemment le philosophe Tzvetan Todorov (Revue "Sciences Humaines", octobre 2002).

Lire la contribution au débat : IMAGE DE L’AGRICULTURE : "LES REPRÉSENTATIONS SONT DES ESPÈCES VIVANTES".
Par Saadi Lahlou., psychologue. Dans le cadre de la 9ème Univeristé d’Eté. Août 2003. L’auteur de "Penser manger" ( PUF 1998) éclaire les logiques et les mécanismes des images que nous avons de l’agriculture et de l’agroalimentaire. Des représentations qu’il ne faut pas songer à changer d’un claquement de doigts.

Lire l’enquête de BVA : « QUEL IMAGINAIRE LES FRANÇAIS ONT-ILS DE L’AGRICULTURE ? ».
Réalisée par l’Institut BVA, pour la 9ème Université d’Eté de Marciac, août 2003 64% des réponses révèlent une vision négative de l’agriculture (Système économique en crise 50%, facteur de risque et de peur 20%, atteinte à l’environnement...). Les visions positives, plus réduites, s’attachant à 26% à son rôle nourricier. C’est dans le cadre de la 9ème Université d’été de l’Innovation Rurale qui s’est déroulée le 6 et 7 août 2003 à Marciac (Gers), que l’Institut de sondage BVA a réalisé cette enquête auprès des Français sur leurs « Imaginaires de l"agriculture ».

Lire les LES ACTES DE LA 9ÈME UNIVERSITÉ D’ETÉ DE MARCIAC : "IMAGES ET IMAGINAIRES AU COEUR DES ÉCHANGES ENTRE AGRICULTURE ET SOCIÉTÉ.". Les Actes des deux journées de débats et d’échanges.

Lire les LES ACTES DE LA 3ÈME UNIVERSITÉ D’ETÉ DE MARCIAC : "AGRICULTEURS ET CONSOMMATEURS FACE AUX NOUVELLES TECHNOLOGIES".
Avec Marie José Nicoli (Présidente de Que Choisir), Jean-Pierre Poulain (Sociologue), Georges Bories (Toxicologue), Christiane Lambert (Responsable syndicale agriculture), Pierre Creyssels (Conseiller d’Etat) Etc.

Lire les contenus des ACTES DE LA FÉDÉRATION EUROPÉENNE DE ZOOTECHNIE

D’après les Tables Rondes organisées par la Fédération Européenne de Zootechnie, en partenariat avec la Mission Agrobiosciences.
La FEZ rassemble toutes les personnes intéressées, d’une façon ou d’une autre, par les productions et les filières animales. Son objectif majeur est la promotion des échanges de méthodes, de résultats d’idées et une simulation des collaborations entre personnes, équipes et pays. Son activité principale concerne l’organisation de congrès et de groupes de travail ainsi que la production de publications. De nombreux zootechniciens sont bénéficiaires des travaux
et des avancées de la FEZ sans le savoir.

Lire la contribution de Jean-Claude Flamant :LE FUTUR DE L’ÉLEVAGE EN EUROPE À LA LUMIÈRE DES CRISES SANITAIRES RÉCENTES (PUBLICATION ORIGINALE).
Par Jean-Claude Flamant. Mission Agrobiosciences.
Les crises sanitaires majeures - l’ESB et la fièvre aphteuse - qui ont remué l’opinion des pays d’Europe de l’Ouest entre novembre 2000 et mars 2001, sont-elles seulement le résultat d’erreurs au sein du dispositif de contrôle sanitaire ou bien des signaux d’alarme qui indiquent que les orientations prises au cours des dernières décennies pour l’intensification de l’élevage doivent être fondamentalement révisées pour le futur ?

Lire l’extrait de la table ronde de la FEZ, septembre 2002 : L’ÉVOLUTION DE L’AGRICULTURE ÉGYPTIENNE DANS LE CONTEXTE DE LA MONDIALISATION.
Par Saad Nassar, professeur d’économie rurale, Gouverneur de la province du Fayoun.
Membre de la délégation de l’Egypte à l’OMC, Saad Nassar exposait, en septembre 2002, la stratégie agricole égyptienne dans le paysage des négociations mondiales. Une posture résolument libérale, pour un secteur qui pèse encore 20 % du PNB du pays, et qui a connu plusieurs décennies d’intensive modernisaiton pour parvenir à l’autosuffisance puis à la sécurité alimentaire au sens large.

Lire le compte rendu de la table ronde : A QUI PROFITE LA MONDIALISATION DES PRODUCTIONS ANIMALES ?
Table Ronde. Le Caire. 2 septembre 2002
Pour la première fois de son histoire, la Fédération Européenne de Zootechnie (FEZ) tenait sa Réunion Annuelle hors d’Europe, à l’Université du Caire, en même temps que se déroulait la Conférence de Johannesburgh sur le Développement Durable. Des échanges on ne peut plus d’actualité concernant l’économie des pays émergents et développés. Le lieu et le moment ne pouvaient être mieux choisis pour cerner la réalité et les conséquences de la mondialisation pour le secteur de l’élevage.

Lire le compte rendu de la table ronde LES CONSOMMATEURS CHANGENT... QUELLES CONSÉQUENCES POUR L’ÉLEVAGE ET LES PRODUITS ANIMAUX ?
Présentée et animée par Jean-Claude Flamant et Roberto Chizzolini.
Cette table ronde est un moment de réflexion au cours des Réunions Annuelles de la FEZ consacré à des discussions ouvertes sur des sujets de société qui font aujourd’hui l’objet de controverses. Présidé par Jean-Claude Flamant, Directeur de la Mission Agrobiosciences et assisté de Roberto Chizzolini, Professeur à l’Université de Parme, cette table ronde a vu les interventions de Martine Padilla, professeur à l’Institut Agronomique Méditerranéen de Montpellier (IAMM).

Lire en anglais les ACTES DE LA TABLE-RONDE 2000 DE LA FÉDÉRATION EUROPÉENNE DE ZOOTECHNIE (FEZ).
Knowledge in agri supply chains coordinated by J.C. Flamant (Mission d’Animation des Agrobiosciences, Toulouse, France) with the contribution of Jean Boyazuglu, Pim Brascamp, Cledwin Thomas.

Lire le compte rendu de la réunion annuelle de la FEZ : LA CHAÎNE DE COMPÉTENCES : LES CONNAISSANCES AU SEIN DES FILIÈRES AGROALIMENTAIRES
Table Ronde conçue et organisée par Pim Brascamp (Wageningen Institute of Animal Science) Cette table ronde a réuni Dr Aimé AUMAITRE , INRA Rennes, France (recherche en production porcine) ; Prof Th. B. (Thomas) BLAHA, Université du Minnesota, USA (épidémiologie, assurance qualité) ; Prof. E.H. (Ederhard) von Borell, Allemagne (écologie animale, santé animale) ; Prof. A.A. (Aalt) Dijkhuizen, Directeur de la société « Nutreco », Pays-Bas (alimentation animale et groupe d’entreprises de production : saumon, porc et aviculture) ; Dr L.A. (Leo) den Hartog, Directeur de Recherches (...)

Lire le compte rendu de GLOBALISATION AND THE LIVESTOCK SECTOR : WHO BENEFITS ?.
Actes de la Table-Ronde 2002 de la Fédération Européenne de Zootechnie (FEZ). Version anglaise.
Prof. Paolo De Castro, formerly Italian Minister of Agricultural Policy in the D’Alema government. member of the Scientific Advisory Committee of CIHEAM. professor of economy in the University of Bologna and President of Nomisma, an important Italian institute of economic research. Prof. Marcel Mazoyer, from the Institut National Agronomique in Paris. In this Institute, he succeeded well known Prof. René Dumont at the chair of Compared Agriculture and Agricultural Development.

Lire en anglais les actes de la table ronde de Budapest le 26 août 2001 :THE FUTURE OF THE LIVESTOCK SECTOR IN THE LIGHT OF THE RECENT CRISES IN EUROPE.
Actes de la Table-Ronde 2001 de la Fédération Européenne de Zootechnie (FEZ).
Coordination : Jean-Claude Flamant, Mission d’Animation des Agrobiosciences, Toulouse (France) Animation : Cledwyn Thomas Malla Hovi, University of Reading. epizootiologist that Maurice Bichard. animal breeder. technical director for a commercial breeding company. Patrick Coelenbier, sales manager of a French-German rendering group (Saria-Bioindustrie) and a member of the European Association that represents renderers.

Lire les contenus HISTOIRE DE...

Depuis les races animales jusqu’à la forêt, en passant par le paysage ou les plantes, ces "Histoire(s) de...", racontées à chaque fois par un spécialiste de renom, sont tirées des forums organisés en 2001 et 2002 par la Mission agrobiosciences dans le village de Montbrun-Bocage (31).

Lire la conférence du 29 novembre 2001 : DU VOYAGE DES PLANTES À LA MONDIALISATION DES ESPÈCES CULTIVÉES Par Michel Chauvet. Ethnobotaniste à l’Inra.
Les avatars de la biodiversité, entre politique et réalité, avec Michel Chauvet, Agronome et ethnobotaniste, ingénieur de recherche au centre Inra de Montpellier. Ouvert, intarissable et non dénué d’humour, ce scientifique reconnu a co-fondé le Bureau des Ressources Génétiques au niveau national dont il a été chargé de mission durant plusieurs années.

Lire l’HISTOIRES DE RACES ANIMALES, HISTOIRES DE SOCIÉTÉS HUMAINES.
Par Jean-Claude Flamant, zootechnicien. Directeur de la Mission Agrobiosciences.
Jean-Claude Flamant retrace l’histoire des races animales domestiquées, fruit de l’activité humaine, qui opèrent comme de véritables marqueurs des sociétés.

Lire la conférence du 12 novembre 2001 : HISTOIRE DE LA FORÊT Par André Grammont, Ingénieur agronome, Ingénieur général du génie rural des eaux et forêts, Vice-président du Conseil supérieur de la pêche, Président de l’ENESAD.
Pas question pour André Grammont de nous présenter une histoire linéaire de la forêt, depuis les Phéniciens jusqu’aux dernières lois françaises. Son idée ? Montrer au contraire ce qui fait sens dans la continuité : les aspects stratégiques de la forêt, son importance aux yeux de la puissance publique, les conflits et les enjeux qu’elle cristallise, et cette aptitude à se faire « miroir de la société ».

Lire la conférence :HISTOIRE DU PAYSAGE, ENJEU ÉCONOMIQUE, ESTHÉTIQUE ET ÉTHIQUE.Par Gérard Tiné, plasticien.
A Montbrun-Bocage dans le Volvestre (31), le 13 juin 2002, au Forum Agrobiosciences et Société de la MAA, le débat portait sur "Nos regards sur le paysage : entre esthétique et éthique". Gérard Tiné, plasticien, exposa son point de vue sur la construction culturelle et sociale de la notion de paysage.

Accéder à l’ensemble de la « Revue de Presse Quotidienne »- du Magazine Web de la Mission Agrobiosciences

Accéder au site de la SISQA « Semaine International Sécurité et Qualité Alimentaire » en Midi-Pyrénées-

Accéder au site du Ministère de l’Agriculture-

Accéder au site de L’INRA-

Accéder au site Educagri- le Site de la Communauté éducative de l’Enseignement Agricole Français

 

 

Dans cette rubrique

Les consommateurs européens : incontournables et introuvables
Conflits ou complémentarités entre valeurs éthiques et finalités économiques ? Conséquences pour les éleveurs et les productions animales.
Le futur de l’élevage en Europe à la lumière des crises sanitaires récentes (Publication originale)
L’évolution de l’agriculture égyptienne dans le contexte de la mondialisation
A qui profite la mondialisation des productions animales ?
Les consommateurs changent... Quelles conséquences pour l’élevage et les produits animaux ?
Actes de la Table-Ronde 2000 de la Fédération Européenne de Zootechnie (FEZ)
La chaîne de compétences : les connaissances au sein des filières agroalimentaires
Globalisation and the livestock sector : Who benefits ?
The future of the livestock sector in the light of the recent crises in Europe

   
   
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