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Les Controverses européennes de Marciac
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Dans le cadre des 22èmes Controverses Européennes de Marciac
Renouvellement des générations et des modèles de production agricoles : accompagner l’alternatif !
Une contribution de D. Michenot, agriculteur retraité. Juin 2016.

Pour recueillir une pluralité de points de vue et alimenter en amont les 22èmes Controverses européennes de Marciac (29 et 30 juillet 2016), posant la question "Avec quoi nous faut-il rompre pour réinventer l’avenir ?, la Mission Agrobiosciences a lancé un appel à contribution.
Voici la 5ème, proposée par D. Michenot, agriculteur à la retraite, qui demeure néanmoins impliqué dans deux SCI agricoles. Dans son texte, il rend compte d’une initiative originale de portage agricole et d’aide au démarrage pour tous ceux, issus ou non de l’agriculture, qui portent un projet alternatif en matière d’installation : les Coopératives d’installation en agriculture paysanne. A suivre !

 

Le réseau de coopératives d’installation en agriculture paysanne (CIAP) est une démarche qui, si elle ne revendique pas d’emblée une rupture avec le présent, sort nettement des sentiers battus. Né en Loire-Atlantique, en pleine extension dans toute la région, ce réseau vise à répondre aux enjeux de renouvellement des générations et de création d’activité agricole en s’adressant à des porteurs de projets non issus du milieu agricole, parfois âgés de plus de 40/45 ans.
Le critère : un parcours d’installation innovant privilégiant le soutien d’un groupe local et l’insertion dans un territoire. Les leviers proposés ? Le droit à un statut lié à la formation ou à la reconversion professionnelle dans le cadre d’espaces tests ; la possibilité d’installation progressive en couveuse d’activité, avec possibilité de portage financier des premiers investissements.

Pourquoi viser les acteurs n’ayant aucune attache familiale agricole ? Non seulement parce que la seule population agricole ne sera pas en mesure d’assurer le renouvellement générationnel, mais aussi parce que ces « nouveaux venus » s’inscrivent généralement dans un mouvement social diffus, bouillonnant, en quête de respect environnemental, d’autonomie, d’indépendance, de lien avec le vivant, d’un mode de vie en phase avec l’urgence climatique. Autant de démarches individuelles qui peuvent s’inscrire dans un cadre collectif… Sans oublier que c’est aussi leur permettre d’aller jusqu’au bout de leur projet de création- et souvent de reconversion- de façon professionnelle, en exerçant un véritable métier.
Le plus souvent en rupture avec les modèles conventionnels de production agricole, la plupart de ces créateurs d’activité ont bâti un projet pleinement alternatif, incluant nouvel outil de production, transformation et vente directe des produits, activités annexes et valorisation d’ « aménités positives ».

Autre originalité : des stagiaires en voie d’installation sont parfois entrepreneurs- salariés pendant leur période de portage en couveuse. Cette idée, issue du monde des SCOP en milieu ouvrier ou artisanal, pourrait faire exploser la notion même du statut des agriculteurs : c’est la possibilité pour un futur installé d’être salarié, associé d’une coopérative de production agricole, donc co-gérant tout en étant reconnu comme agriculteur, au même titre qu’un associé de GAEC ou d’EARL. La mobilité est ainsi facilitée au cours d’une trajectoire de vie. D’autre part, les aides publiques étant attribuées à la coopérative et non au patrimoine privé de l’entrepreneur, les résultats accumulés sont tout ou partie acquis à la coop au bénéfice des générations futures. Enfin, notons que nous proposons un droit à la protection sociale comme pour tous les salariés ( sécu, retraite, chômage, reconversion…).

Pour pallier le fréquent manque d’ouverture du milieu agricole, qui supporte mal de partager avec d’autres acteurs de la société les questions d’occupation du territoire, d’environnement ou d’alimentation, les créations d’activités et les installations sont accompagnées et parfois co-financées ( Cigales..) par des groupes de paysans, ainsi que par des associations et citoyens de l’Economie sociale et solidaire, en lien avec des collectivités soucieuses de relocaliser les productions alimentaires…Ainsi, même individuels, les projets se fondent dans une dynamique collective, via une coop ancrée dans un territoire. .

Certes, certains institutionnels ne manquent de critiquer les CIAP, leur reprochant d’installer des amateurs, voire des « rigolos ». Difficile à croire dès lors que des financements bancaires leur sont débloqués au terme des stages préalable à l’installation définitive… Surtout, demandons-nous si le véritable « professionnalisme », plutôt que de se nicher dans le conservatisme, ne réside pas aujourd’hui dans la remise en question de modèles de production agricole conduisant à de nombreuses impasses économiques, environnementales, sanitaires etc.
Non, n’est pas forcément amateur celui qui change d’approche et porte un projet de société s’attachant à placer les besoins des citoyens consommateurs au centre de l’activité agricole et alimentaire, recréer de la confiance, revitaliser les territoires ruraux et remettre l’emploi au cœur des politiques agricoles.

Pour en savoir plus, télécharger le texte "bilan" sur les CIAP, synthétisé par D.Michenot.

Vous aussi pouvez contribuer jusqu’au 18 juillet 2016 aux 22èmes Controverses européennes de Marciac. Voir les modalités ICI

Accéder au programme et au bulletin d’inscription des Controverses de Marciac 2016

Accéder à toutes les contributions aux 22ièmes Controverses européennes de Marciac :
- L’agribusiness survivra-t-il à la fin des paysans ?, par Auréline Doreau et Tanguy Martin, Ingénieurs sans frontière.
- Crise de la production agricole... ou échec d’une agriculture "low cost", par D. Michenot (agriculteur, ancien administrateur de Terrena), F. Colson (économiste, ancien directeur de l’Ecole nationale d’horticulture) et M. Jouvet (ancien directeur de la chambre d’agriculture de Loire-Atlantique)
- Une révolution mentale et sociale est nécessaire !, par Hervé LE STUM, Retraité d’organisations professionnelles agricoles
- Renouvellement des générations et des modèles de production agricoles : accompagner l’alternatif !, par D. Michenot, agriculteur à la retraite.
- Oser un vrai débat stratégique pour sortir de la crise , par Jean-Marie SERONIE, agroéconomiste indépendant.
- Si l’on veut produire autrement, il faut distribuer autrement ! par Jean-Pierre Bernajuzan, agriculteur à la retraite.
- Vers une rupture éthique pour réussir la transition agroécologique, par Philippe Cousinié, Ingénieur agronome (agronomie tropicale et économie agroalimentaire), économiste et animateur national du réseau thématique « Agronomie Ecophyto »
- Inventer de nouveaux rapports à la nature pour se construire un futur, par Aurélie Javelle, ethnologue, ingénieure de recherche à Montpellier SupAgro
- Rompre avec… le désenchantement de l’avenir, par Gérard Choplin, analyste, rédacteur indépendant (politiques agricoles, alimentaires et commerciales).
- Rompre définitivement avec un système financier, économique, agricole, technologique et social voué à l’échec. par Agnès Gosselin, d’après l’appel du pape François à une conversion écologique intégrale dans son encyclique « Laudato si ».
- Quelques « ruptures » pour ré-inventer l’avenir, par Rémi Mer, consultant, auteur de l’essai « Le paradoxe paysan ».
- Le changement, c’est ici et maintenant !, par Gérard Rass, Secrétaire Général de l’APAD.
- Mes gélules de la PAC, Tomás García Azcárate, ancien fonctionnaire européen.
- Le blaireau, une occasion de penser le futur, par Muriel Mambrini-Doudet, chargée de mission auprès du directeur scientifique Agriculture–INRA, et Christian Peltier, Enseignant, Doctorant sciences de l’éducation (UBFC).

Les contributions filmées
- Coopération alimentaire : rompre avec les modèles de gouvernance et de formation et réorienter la consommation par Jean-Louis Rastoin, membre de l’Académie d’agriculture de France (3’52)
- Coopération agricole : le Sud doit-il copier le modèle du Nord ou adopter au plus vite les ruptures que le Nord engage ?, par Omar Bessaoud Ciheam-IAMM.
- Quand des étudiants parlent de rupture, étudiants en sociologie de l’alimentation (Université Jean Jaurès Toulouse).


Accéder à toutes les publications de la Mission Agrobiosciences sur les thèmes de  :
Alimentation et Société ; Cancers et alimentation ; Obésité ; Consommation & développement durable ; Lutte contre la faim ; Crises alimentaires ; "Ça ne mange pas de pain !" ; Méditerranée ; Agriculture et société ; Politique agricole commune ; OGM et Progrès en Débat ; Les relations entre l’homme et l’animal ; Sciences-Société-Décision Publique ; Science et Lycéens ; Histoires de... ; Produits de terroir ; Agriculture et les bioénergies ; Les enjeux de l’eau ; Carnets de Voyages de Jean-Claude Flamant.

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Dans cette rubrique

"Soyez le changement que vous voulez voir dans le monde" Gandhi.
Le blaireau, une occasion de penser au futur
Mes gélules de la PAC
Le changement, c’est ici et maintenant
Quelques « ruptures » pour ré-inventer l’avenir
Rompre définitivement avec un système financier, économique, agricole, technologique et social voué à l’échec.
Rompre avec... le désenchantement de l’avenir
Inventer de nouveaux rapports à la nature pour se construire un futur.
Vers une rupture éthique pour réussir la transition agroécologique
Quand des étudiants parlent de rupture ...
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