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Les Controverses européennes de Marciac
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Retour sur les Contributions aux Controverses européennes de Marciac 2015 (22 juillet 2015)
L’agriculture paysanne : un modèle de production nécessité par l’auto-consommation
par Jean-Pierre Bernajuzan, agriculteur à la retraite
Source : http://www.chamoux-sur-gelon.fr/book/export/html/76

Alors que l’appel à Contributions aux Controverses européennes de Marciac est bouclé (3 contributions filmées et 12 écrites, à retrouver ci-dessous), à la lecture de l’ensemble, Jean-Pierre Bernajuzan a "ressenti le besoin de resituer l’"agriculture paysanne" dans son contexte et son historicité."
Tout cela promet de riches débats sous le chapiteau...

 

L’agriculture paysanne est un modèle de production nécessité par
l’auto-consommation

À lire l’ensemble des interventions, il me semble que les auteurs se font une idée erronée de la nature de l’ « agriculture paysanne », comme si elle était un modèle « naturel » en quelque sorte, et qu’il faudrait tenter de retrouver. C’est évidemment faux.
L’agriculture paysanne n’existe plus chez nous depuis 50 ans. Elle était un modèle de production adaptée à la « société paysanne », avec une « économie domestique » selon Henri Mendras, où l’on produisait ce que l’on consommait. En conséquence, la production se devait d’être diversifiée pour répondre à l’ensemble des besoins des familles ; des familles, car il s’agissait de l’auto-consommation des familles de paysans.
Aujourd’hui et depuis 50 ans, on ne produit plus pour auto-consommer.
L’agriculture paysanne n’existe donc plus.
Bien-sûr, elle produisait aussi pour nourrir les villes, mais la « diversité » de la production agricole était bien nécessitée par l’auto-consommation, car sinon, elle se serait spécialisée et aurait perdu sa diversité.
C’est à dire que la nature du modèle de production est déterminée par sa
destination : si on auto-consomme ce que l’on produit, il faut évidemment diversifier sa production ; si l’on produit pour le marché, il faut se spécialiser pour améliorer notre productivité et notre compétitivité.
Ce qui nous reste de l’agriculture paysanne, c’est un souvenir. Et un souvenir d’une agriculture diversifiée dont on aurait bien besoin aujourd’hui.
Alors que l’agriculture paysanne était diversifiée pour l’auto-consommation des paysans, pourtant, ces paysans avaient une alimentation très peu variée, chaque région ayant ses propres habitudes alimentaires. En comparaison, celle des consommateurs d’aujourd’hui est infiniment plus variée, et elle produite par des producteurs agricoles de plus en plus spécialisés !

Ce qu’il faudrait maîtriser pour pouvoir décider de la nature de l’agriculture, c’est la destination de cette production agricole vers les consommateurs, c’est à dire la distribution.
Dans ma réponse-contribution au livre « L’intelligence est dans le pré », j’avais déjà noté l’absence des coopératives agricoles dans le livre. Ici encore, l’absence de ces coopératives dans le rapport aux consommateurs est flagrant : elles se sont toujours occupées de la production, de l’aide aux agriculteurs pour produire, pour organiser la production afin de la livrer aux différents systèmes de distribution... mais jamais elles n’ont conçu d’assurer elles-mêmes cette « distribution » ; elles auraient peut-être pu ainsi rapprocher les consommateurs de la « problématique » agricole, de ses nécessités propres.

La question est grave car le modèle actuel de la grande distribution détermine le modèle de production agricole intensif et productiviste. Or, ce modèle n’est plus viable à terme, pour la terre, pour sa fertilité, et la diversité écologique beaucoup plus que pour les consommateurs.

Jean-Pierre Bernajuzan, agriculteur à la retraite

- Retrouvez les contributions filmées sur AgrobiosciencesTV
Sur le thème « Nouveaux résidents et agriculteurs : la grande brouille ?

- "On évite de travailler le week-end", par Roger Beziat. Cet agriculteur met en évidence la nécessité du dialogue et du partage pour redéfinir un espace commun, au sein duquel chacun trouve son compte.
- Une coexistence de tranchée, par Michèle Gascoin, agricultrice et ancien maire de Cobonne (Drôme).
- Sur le thème : Afrique, Le modèle paysan survivra-t-il à l’agribusiness ?Jean-Christophe DEBAR, Farm.

Et les contributions écrites :
- Coexistence agriculture industrielle - agroécologie ? Une question de territoire..., par Luc Opdecamp, agronome
- Le business est dans le pré, un entretien avec Aurélie Trouvé, ingénieur agronome, coprésidente du Conseil scientifique d’Attac France.
- La diversité de l’agriculture est-elle encore possible, et à quelles conditions ?, par ean-Pierre Bernajuzan, agriculteur à la retraite
- La coexistence des systèmes sera possible au cœur du 2.0, par Hervé Pillaud, exploitant agricole, producteur laitier.
- Coexister ou résister - réguler - inventer... ?, par Jean-Claude Devèze, membre de l’équipe nationale du Pacte Civique, Animateur de l’observatoire citoyen de la qualité démocratique.
- Vers une coexistence des modèles agricoles et alimentaires en France et dans le monde ?, par Philippe Cousinié, animateur national du réseau thématique « Agronomie Ecophyto » (MAAF/DGER) et membre du comité de pilotage d’OSAE (osons l’agroécologie)
- A Marciac, saurons-nous ensemble trouver les moyens de réinventer la véritable fraternité ?, par Bernard Dutoit, paysan engagé.
- Coexistence ou le territoire en partage, par Rémi Mer, consultant
- Peut-on vivre ensemble avec deux modèles agricoles ?, par Catherine Morzelle
- Modèles agricoles, paysans, agribusiness… Au-delà des mots : des processus, des réalités et des choix politiques, par Gérard Choplin, agronome - rédacteur, ancien animateur de la Coordination Paysanne Européenne
- Exemple d’une charte de coexistence (abeilles, bio...) en Lot et Garonne
- Coexistence : les modèles créent les conflits, les résultats rassemblent, par Gérard Rass, Association pour la Promotion d’une Agriculture Durable

- Retrouvez le programme actualisé des Controverses européennes de Marciac

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